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Bienvenue


Bienvenue dans mon p'tit univers,

Je n'ai pas la prétention de dire que mes écrits sont réalistes, j'écris pour faire rêver et pour sortir de mon quotidien. Mon seul but est d'amener le lecteur faire un p'tit tout dans mon imaginaire très très gay.. 


Mes histoires :

 

May Angels Lead You In : 13 ans, une relation ambiguë avec le fils de l'employée de maison, une homosexualité refoulée, une famille chiante et une sensibilité de fille ... Mais que dire ? Ma vie n'est
pas conventionnelle et ne le sera probablement jamais, autant me faire à l'idée [Terminé]

Dark Waltz : 16 ans, une famille fantôme, un ex petit ami qui ne s'est pas résolu à sortir de mon coeur, une meilleure amie lesbienne et une relation d'amour/haine avec un danseur à la sensualité débordante . Aux dernières nouvelles, ma vie n'est toujours pas conventionnelle. [Prologue en cours d'écriture] [Suite de May Angels Lead You In]

Cap ou pas cap ? : Guillaume est un chirurgien réputé dont personne ne connait les faiblesses. Marié depuis longtemps avec Amandine, il ne peut la quitter maintenant qu'elle se déplace en fauteuil roulant. Mais quand Djamel vient briser sa carapace, tout change ... [2ième chapitre en ligne]

Tentation : Naoaki Torres, métis dans une société complètement nippone et issu d'une famille d'obsédés sexuels, s'amourache de Haru Sekisawa, père célibataire de dix-huit ans; arrogant et taciturne. Comme s'il n'était pas déjà assez en marge de la société ... [1er chapitre en ligne]


Projets / En cours d'écriture :


Légende Urbaine  : Lui ? Le Roméo de ces dames, le tombeur (malgré lui) par excellence. Un simple pari avec des amis chamboule son quotidien. Il doit faire craquer Isaiah, le grand taciturne que les rumeurs disent homosexuel. Mais Roméo se prend les pieds dans son propre piège et la situation tourne d’une drôle de manière … [1er chapitre écrit]


Au-delà Des Montagnes : Le village de Kahan recueille un jeune garçon dont on confie l’éducation à Yohan, combattant prometteur de sa génération. Le plus jeune s’amourache de son aîné pour qui il voue une admiration sans bornes mais bientôt, l’élève dépasse le maître et la séparation est imminente … [2ième chapitre en cours d'écriture]


Fics en arrêt :

Forbidden Love : Le plan d’un élève, Faye Lind, qui tente d’avoir des relations sexuelles avec son professeur de français, Derek Eyston, afin de pouvoir l’accuser de viol et de détournement de mineur pour toucher l’argent du procès. [1er chapitre disponible]

Atteindre une étoile : Alexis est susceptible, colérique et taciturne. Benjamin est enjoué, souriant et créatif. Malgré leurs différences, ils forment un couple depuis plus de deux ans. Lorsque le talent d’acteur de Benjamin est repéré et qu’il est admis dans une école de théâtre à l’autre bout du pays, Alexis comprend qu’il sera dur de garder son petit ami... [1er chapitre disponible

 

 

Les mises à jour seront faites ... au gré de mes humeurs XD
Plus sérieusement, je vais essayer de pas accumuler les retards quand même mais il y a toujours une fic sur laquelle je travaille plus que sur les autres.

 

Bises à tous et bonne lecture.

 

Miyuki Lee

 

Dimanche 23 novembre 2008

Bon ok, à ce nombre de retards, vous devez sincèrment me détester XD !

Je suis la première à m'énerver quand un auteur met autant de temps à écrire et pourtant, je suis 100 fois pire. Lamentable XD !
Mais bon, peut-être que ce chapite (que vous allez sincèrement apprécier, croyez-moi), pardonnera ce retard de ... ahem ... 3 mois ? ^_^'' ... Bonne lecture ....

 

Avez-vous déjà eu l’impression de n’être qu’un simple spectateur de votre existence ? De voir défiler les jours un par un sans les vivre réellement ? Les mois qui suivirent mes congés de Noël furent une routine infernale. Les journées se ressemblaient toutes, je ne pouvais pas faire de distinction entre chacune d’elles. Je vivais comme un véritable automate, comme si je m’étais détaché de ma propre vie car elle ne me convenait plus … J’avais lâché prise … Je ne m’identifiais plus à rien … Comme si la peine et l’angoisse que j’avais éprouvées durant les fêtes de Noël m’avaient dégoutées de ma vie, m’avaient incitées à me réfugier dans la routine pour me protéger des blessures que je pourrais me faire en vivant réellement.

 

J’étais … amorphe, comme me l’avait reproché Nathalie. J’avais l’air de me foutre de tout et de ne pas tenir à elle. Elle était énervée par mon comportement. Ça la mettait dans tous ses états et elle avait menacé plusieurs fois de me plaquer … Mais ça ne me faisait pas grand-chose … autant dire que je m’en foutais royalement. Et Nathalie était beaucoup trop amoureuse de moi pour me larguer.

 

Nous étions en février. La St-Valentin approchait à grands pas et Nathalie, faisant partie du comité étudiant, était chargée de décorer l’école en conséquence. Bref, je ne la voyais pas très souvent en ce moment. Éric, quant à lui, écrivait depuis déjà quelques semaines, une lettre à Tracy. Il l’avait recommencé … trop souvent à mon goût. Il me la récitait à voix haute, effaçait des mots, en ajoutait. Personne n’était dupe. Tracy l’aimait aussi … depuis un sacré bout de temps. À quoi bon faire tant d’efforts et accumuler autant de stress pour rien ? Il n’avait qu’à lui dire tout simplement : Je t’aime. Et le résultat serait le même.

Quand je lui disais ça, Éric me disait je n’avais tout simplement aucun sens du romantisme … Ce n’était pas faux.

 

Quant à Devon … Il ne m’aimait plus … Vraiment plus. Il avait changé de table le midi. Il ne mangeait plus avec Rayen et Paul. Il avait changé de groupe d’amis et m’évitait autant que possible … Enfin, non, il ne m’évitait pas … Simplement, il n’en avait plus rien à foutre de moi. Il ne me regardait plus à la dérobée, ne s’inquiétait plus pour moi, ne me parlait que par obligation et ne me remarquait plus. Je n’essayais même plus de comprendre la situation. J’en avais marre … Et ça me faisait mal d’y penser … de sentir son parfum chaque fois qu’il passait près de moi … de le frôler … d’entendre sa voix … et de me dire que j’avais tout gâché, que je n’avais plus aucune chance avec lui. Alors j’agissais exactement comme lui, comme si je m’en foutais …

 

Cet après-midi là, j’étais resté à la cafétéria après l’école avec Rayen et Éric. Éric était en train de nous réciter pour la énième fois la nouvelle version de sa lettre sans tenir compte de nos bâillements et nos têtes d’enterrement.

 

« … J’aime ta longue chevelure rousse qui flamboie sous la lumière. J’aime prononcer chaque lettre de ton magnifique prénom. Je voudrais être à tes côtés … Hum non, ça va pas, hein ? Pas ‘’à tes côtés’’ … Hum … plutôt … je voudrais être avec toi … près de toi … dans ton cœur … hum … qu’est-ce que vous en dites, les mecs ?

 

- On s’en fout, marmonna Rayen.

- Fais ce que tu veux, rajoutais-je.

- Bon sang, vous m’aidez pas du tout ! Cette version est trop nulle !

- Elle est aussi bien que les douze dernières, Éric. Tu te prends la tête comme une nana devant ses vêtements, merde … Ça devient chiant, soupira Rayen.

- Pas de ma faute si t’es trop coincé pour avoir une copine, rétorqua Éric.

- Les filles, c’est une prise de tête, soupira Rayen.

- Tu préfères les mecs, peut-être ? ricana Éric.

- J’ai pas dit ça, répondit Rayen.

- Math, comment t’as fait avec Nathalie ? me demanda Éric.

- Je lui ai dit que je l’aimais, point barre. J’me suis pas cassé la tête.

- Ouais bon … en tout cas, j’vous laisse les mecs, dit Éric en prenant son sac d’école et en se levant de la chaise où il était assis. Je vais rejoindre Tracy. Elle termine son cours de danse bientôt.

- À plus, répondis-je. »

 

Rayen et moi restâmes à la table, les bras croisés et l’esprit occupé par diverses pensées, pas vraiment enclins à partir une discussion. Je me demandais ce que j’allais devoir faire pour la St-Valentin, par rapport à Nathalie. Devais-je lui offrir des fleurs ? Devais-je lui faire une déclaration d’amour ? Qu’est-il conforme de faire pour la St-Valentin ? Je ne savais pas … En fait, peut-être fallait-il être amoureux pour être pris de bonnes idées … pour vouloir que tout soit parfait … Un peu comme Éric faisait avec Tracy.

 

« Devon m’en a parlé. » dit Rayen, me coupant dans ma réflexion.

Je levais les yeux vers lui, le cœur battant soudain à la chamade. De quoi parlait-il ?

« … De vous deux, dit-il en réponse à ma question silencieuse.

- … Quand ?

- Des milliers de fois … et puis récemment. »

Mon souffle était coupé, mes mains tremblantes. Je voulais savoir … je voulais vraiment savoir mais … en même temps, je ne pouvais tout de même pas montrer de la curiosité quant aux propos rapportés par Rayen … Sinon … il allait se douter que j’avais encore des sentiments pour Devon et ce n’était pas souhaitable. J’avais tourné la page … du moins, j’en donnais l’illusion.

 

Rayen continua sans que je ne pose de questions :

 

« J’ai toujours su qu’il t’aimait … depuis le premier jour. Ça se voyait. Il ne savait pas gérer ses émotions et n’arrivait pas à accepter ce qu’il éprouvait mais il te regardait, sans arrêt. Ça ne m’a jamais vraiment choqué. Quand il me l’a avoué, je ne me suis même pas donné la peine d’avoir l’air surpris. Il t’a aimé dès le premier jour où il t’a vu … Love at first sight, comme il le dit si bien. »

 

Je ne laissais aucune émotion passer sur mon visage. Je restais immobile, le regard dans le vide, comme peu intéressé par ses propos … malgré le fait que toute mon attention était prisonnière de ses paroles, que tous mes sens étaient en éveil … Que mon cœur s’emballait dans ma poitrine comme jamais auparavant.

 

« Faye … c’était par désespoir, pour t’oublier. Mais ça ne marchait pas plus que ça. Je pense que même Faye n’était pas vraiment amoureux de lui. Il sortait avec Faye … mais il ne mettait aucun cœur dans sa relation avec lui … je pense que son cœur était resté avec toi malgré tout. »

Un peu comme moi avec Nathalie, songeais-je.
Rayen ne disait plus rien. Il me regardait fixement, comme s’il attendait une réaction de ma part. Je daignais enfin le regarder en m’efforçant de rester tout à fait impassible.

 

« Pourquoi tu me dis tout ça ? demandais-je.

- Parce que je sais que toi, tu l’aimes. Et qu’en ce moment, tu dois vivre le même calvaire qu’il a vécu.

- … Et qu’est-ce qu’il t’a dit récemment ?

- Qu’il ne t’avait pas oublié, qu’il t’aimait encore.

- Bien sûr, c’est ça … et je suppose que c’est pour ça qu’il m’évite comme la peste et qu’il ne m’a rien répondu quand je lui ai avoué que j’étais fou de lui ?

- Il pensait que tu te foutais de sa gueule.

- Que je me foutais de sa gueule ?!

- Comment voulais-tu qu’il réagisse, Math ? Tu sortais avec Nathalie, tu semblais vraiment le détester et tout faire pour l’emmerder … et tout d’un coup, t’es super gentil et tu lui dis que tu l’aimes. Il ne t’a vraiment pas pris au sérieux.

- …

- Encore maintenant, il ne sait plus quoi penser … Mais en voyant comme tu as agi avec lui, il s’est dit que c’était vraiment une blague.

- C’en était pas une … vraiment pas …

- Alors qu’est-ce que tu comptes faire ?

- Je ne sais pas …

- Pourquoi tu restes avec Nathalie ? Encore si c’était un mec, j’aurais compris mais là …

- Eh, minute. Je suis pas homo.

- Ah bon ? Et Devon, c’est quoi alors ? Une nana ?

- Non … mais Devon, c’est Devon … C’est lui et seulement lui, pas les autres … J’peux pas l’expliquer.

- Je vois …

 

- Écoute … j’ai pas l’intention de faire quoi que ce soit … par rapport à Devon. Tout ça, c’est beaucoup trop loin de moi maintenant.

- Tu fais ce que tu veux, Math. Je t’ai seulement dit ce que je savais. Après, c’est à toi de voir. »

Oui, bien sûr, le résultat final dépendait entièrement de moi à ce stade de l’histoire. Mais que pouvais-je faire ? J’avais réellement l’impression que trop de temps espaçait cette partie de moi qui était prête à tout pour Devon et cette partie de moi qui était complètement hors de ce monde et qui semblait se foutre de tout. Comment réconcilier les deux ? Était-ce seulement faisable ? Oui … peut-être bien … mais j’avais l’impression de ne plus le vouloir … parce que je n’avais plus l’énergie de me battre pour Devon, pour nous deux. La routine dans laquelle j’étais plongé m’apportait une certaine protection du monde extérieur et des blessures qu’il pouvait m’apporté … Avais-je vraiment envie de quitter ce confort ? Non … je ne voulais plus souffrir … et je savais pertinemment que tout ce qu’une relation avec Devon m’apporterait, ce serait de la souffrance. Ça n’en valait pas la peine. Je n’étais pas prêt à ça.

 

Je regardais Rayen et secouais la tête.

« Non … Définitivement … je serai pas capable de revenir en arrière, dis-je.

- C’est comme tu veux. »

Il n’y avait ni colère, ni amertume dans sa voix. Il se montrait aussi impassible que moi face à la situation. Ce n’était pas plus mal … J’avais l’impression qu’une simple réaction de sa part m’aurait incité à prendre une autre décision …

Par Miyuki Lee - Publié dans : May Angels Lead You In
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Dimanche 31 août 2008

Nous regardâmes tous deux l’immense véhicule arriver puis nous y montâmes après avoir montré nos billets au contrôleur. Devon prit un siège à côté de la fenêtre, je m’assis à ses côtés. D’autres passagers montèrent et prirent place. Je les regardais sans vraiment y faire attention, mon esprit trop préoccupé par la situation que je devais affronter, par le choix que je devais faire.

« T’as l’air bizarre, dit Devon en penchant la tête vers moi. T’es sûr que ça va ?

- Ouais, super …

- C’est à cause de ce que je t’ai dit, hein ? Bon écoute, Math. J’aurais pas dû m’emporter, je l’ai déjà dit. Mais putain que tu m’as fait chier quand tu m’as appelé l’autre jour. Ok, c’est pas une raison mais …

- Je te dis que ça a rien à voir avec ça.

- C’est pour ça que tu fais cette tête depuis que je t’ai envoyé chier ?

- C’est qu’une coïncidence …

- Drôle de coïncidence. Côté mauvais menteur, j’ai rarement vu pire.

- Arrête de te la croire, s’il te plaît. Je te dis que ça à rien à voir avec ça.

- Ouais, si tu le dis. T’es tellement convaincant, ironisa t’il.

- Si je te disais la vérité, tu ne me croirais pas alors …

- Essaye pour voir.

- C’est hors de question. Fous-moi la paix.

- Allez, Math ! Vu ta tête, c’est sûrement un gros secret que t’as sur le cœur et que t’as grand besoin de partager avec moi.

- Pourquoi je le partagerais avec toi ? T’es la dernière personne sur Terre qui a besoin de le savoir, crois-moi.

- Bon d’accord … t’es fâché … tu t’es disputé avec ta famille ?

- En quelque sorte …

- Et pourquoi ?

- Ça ne te regarde pas du tout !

- C’est moi qui supporte ta tête de boudeur pendant tout le trajet alors oui, ça me regarde.

- J’peux aller m’asseoir ailleurs, si tu veux. Ça t’évitera de devoir supporter ma sale tronche.

- T’es pas sympa, Math. Allez, dis-le moi. Je te promets de ne pas te juger. »      

Je le considérais un moment d’un œil sceptique. Bon d’accord … ça le concernait. Et s’il ne me jugeait pas … Ce n’était peut-être pas une mauvaise idée de conter mes problèmes à Devon, même si ça pouvait légèrement faire pencher la balance en sa faveur.

« J’ai embrassé le petit ami de mon cousin sous l’effet de la drogue. » avouais-je en regardant Devon droit dans les yeux.

Ses yeux s’arrondirent considérablement sous la surprise, sa bouche aussi d’ailleurs, qui s’ouvrit puis se referma sans pouvoir prononcer un seul mot. Il ravala sa salive, se mordilla légèrement la lèvre inférieure puis sembla reprendre le contrôle de la parole.

« Ah … ah bon et … qu’est-ce qui s’est passé ?

- Mon frère a su qu’on s’était embrassé, toi et moi. Et il a entendu mon cousin me crier dessus de plus jamais embrasser son petit ami et tout. Alors bon … il me déteste. Et mes parents croient que je suis homo alors ils prennent leurs distances.

- Putain de merde … T’en a de la chance, toi. Qu’est-ce que tu vas faire alors ?

- J’hésite …

- Entre quoi et quoi ?

- Leur avouer la vérité et tout garder pour moi.

- Quelle vérité ?

- … Que j’aime vraiment quelqu’un.

- Nathalie ! Bah ouais, c’est la solution ! Tu leur présentes Nathalie et ils vont comprendre la vérité.

- Qui a dit que j’aimais Nathalie ?

- Bah t’es avec elle, non ?

- Oui … mais j’ai jamais dit que je l’aimais.

- Hum ouais … très logique … Alors t’es amoureux du petit ami de ton cousin ?

- Non.

- D’Éric ?

- Tu sais très bien qui j’aime, joue pas le con avec moi.

- … Hum … disons que je m’en doutais … mais je ne voulais pas vraiment le croire, c’est trop étrange …

- Tant que ça ?

- Bah aimer un homophobe comme Josh, c’est spécial …

- Mais t’es con ou tu le fais exprès ?!

- Désolé mais je ne vois pas vraiment qui d’autre ! Tracy peut-être ?

- T’es désespérant comme mec … Je pensais que t’avais un minimum d’intelligence mais là … si t’arrives pas à deviner un truc aussi simple …

- Ah c’est Faye … en fait c’est pour ça, tu m’as embrassé parce que t’étais trop content que je l’ai largué.

- D’accord, laisse tomber, Devon. Ça sert à rien. Tu vas finir par te fouler le cerveau à trop réfléchir. »

Je soupirais puis posais mon regard ailleurs, las d’avoir essayé de me faire comprendre. Devon ne dit plus rien, peut-être toujours en train de réfléchir comme un forcené pour deviner qui pouvait faire battre mon cœur.

« Je suis pas con, Math … Je sais très bien que tu m’aimes. »

Mon cœur s’emballa dans ma poitrine, se mit à battre comme un fou. Je me tournais lentement vers Devon, posais mon regard dans le sien. Ma gorge se noua, se noua si fort. Il fallait que je le dise ? Que je me taise ? Que je l’embrasse ? Que je ne bouge pas ? Que je suive mon cœur …

« Je suis fou de toi. » murmurais-je en baissant les yeux.

Devon n’eut aucune réaction. Il se figea sans montrer de surprise. Je sentais son regard sur moi et je n’osais pas lever les yeux. Il m’en voulait ? Était heureux ? Triste ? En colère ? Je n’aurais pas su le dire. Nous restâmes ainsi une bonne minute, peut-être plus, avant qu’il ne détourne le visage vers le paysage extérieur. J’osais enfin lever les yeux vers lui. Il avait un regard songeur mais aucune des expressions que je ne lui avais prédites. Je n’osais pas relancer notre conversation.  

Et le reste du trajet se déroula dans un parfait silence où mon cœur se serrait, où je retenais mon souffle, mes larmes. Je n’avais jamais envisagé cette option. Je n’avais jamais envisagé que Devon puisse m’ignorer, me rejeter. Je ne savais pas du tout ce qu’il faisait en fait. Il réfléchissait à ce que je venais de lui dire ou il ne savait tout simplement pas quoi y répondre ? Peut-être que je n’avais pas été clair, que je devais me répéter … mais je manquais de courage et lui dire que je l’aimais à nouveau alors qu’il n’avait même pas réagi à ma première déclaration … Je n’aurais jamais été capable d’une telle chose.

Lorsque nous sortîmes du train, il ne m’adressa aucun mot. Je retrouvais ma ville natale, mon chez moi bien enneigé … et ça ne me faisait rien. Devon était à mes côtés et gardais le silence ainsi qu’un visage qui n’exprimait pas l’ombre d’un sentiment, comme si ma dernière déclaration l’avait laissé indifférent, comme s’il s’en foutait.

Nous marchâmes jusqu’à notre maison, je savais qu’on approchait … et j’étais incapable de dire un seul mot, même si ça me démangeait de m’énerver, de lui sortir que j’en avais marre de son silence, que je voulais qu’il parle, qu’il me dise si mes sentiments étaient réciproques ou non. Mieux vaut savoir que rester dans le doute. Et dans le doute, j’étais tiraillé entre l’espoir et le désespoir. Je voulais que mon cœur cesse de battre si fort, que ma gorge se dénoue, que je puisse éclater en sanglots ou le serrer contre moi.

Mon portable sonna … Nathalie.

« Salut Nath …   

- Math ! Enfin ! J’ai essayé de te joindre pendant toutes les vacances !

- Désolé, je … je n’avais pas pensé mais … ça me coûte cher les appels longue distance …

- Oh … d’accord. Alors ça va ? T’as une toute petite voix … et t’as pas l’air d’aller super bien …

- T’inquiète pas pour moi, c’est le froid et la fatigue. Le voyage m’a épuisé.

- Désolée de te déranger …

- Tu me déranges jamais, voyons.

- On pourra se voir alors ? Tu me manques tellement !

- Aujourd’hui, je suis vraiment fatigué mais demain, je te promets qu’on va se voir. On ira au ciné ou quelque chose comme ça, d’accord ?

- D’accord … je suis contente … »

J’étais à un mètre de la maison. Je voyais Devon prendre le chemin de la porte extérieure menant au sous-sol, sans m’adresser un regard, un mot. Comme s’il était en colère contre moi. Et peut-être qu’il l’était … J’aurais tellement aimé qu’il le soit, qu’il se fâche contre moi, qu’il me dise quelque chose, n’importe quoi. Son indifférence était tellement douloureuse.

« Je t’aime. » dis-je en le regardant s’éloigner.

Et je le dis assez fort pour qu’il se retourne, qu’il me regarde une fraction de seconde avant de reprendre son chemin, de sortir sa clé, de la faire tourner dans la serrure de la porte du sous-sol puis d’entrer. La porte claqua lorsqu’il la referma. Mon cœur se serra, encore et encore. Ma gorge se noua davantage. Ma vue se brouilla de larmes que je me forçais à ne pas pleurer.

« Moi aussi. » dit Nathalie d’une voix enjoué à l’autre bout du fil.

Mais ce n’était pas d’elle que j’aurais voulu l’entendre ! Ce n’était pas d’elle que je voulais me faire aimer. Et c’était d’autant plus lourd d’avoir sur la conscience le fait de mentir à l’une de mes meilleures amies. Je savais que je n’aurais jamais dû faire une chose pareille sur un coup de tête. Et je me sentais si mal, tellement mal …

« Je te rappelle demain, lui dis-je.

- J’ai tellement hâte à demain !

- Moi aussi …

- Alors à demain … je t’aime !

- Moi aussi … à demain. »

Je raccrochais, me dirigeais jusqu’à la porte d’entrée principale. Mes mains tremblèrent lorsque je pris mes clés, lorsque j’essayais d’ouvrir la porte, lorsque j’entrais. La maison était vide. J’y voyais déjà mon quotidien recommencer comme si rien ne s’était passé pendant ses vacances si étranges. Et le vide sembla s’immiscer dans mon cœur. Je me sentais tellement seul.

 

Je montais jusqu’à ma chambre et m’étendais sur mon lit. J’y fixais le plafond.  Je ne sanglotais pas, je ne pleurais pas, je n’avais pas envie de crier ou de disparaître. Je laissais le vide et la solitude m’envahir. J’osais à peine penser ou espérer que tout se rétablisse. On aurait dit que tout venait de s’effondrer d’un seul coup, que mon univers au complet venait de s’écrouler et que j’en voyais les ruines tout autour de moi. J’avais tellement espérer être avec Devon, je n’avais tellement pas envisagé le fait qu’il se détourne de moi ainsi. Tous mes espoirs venaient de se dissoudre et ils y laissaient du vide, trop de vide.

 

En blessant les autres, en leur cachant trop longtemps la valeur qu’ils ont à nos yeux … On finit par les perdre. Et c’est précisément à cet instant qu’on réalise qu’en réalité, ils avaient bien plus d’importance qu’on le pensait. Alors dans un sens, peut-être que cette solitude, je la méritais amplement.

Par Miyuki Lee - Publié dans : May Angels Lead You In
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