Bon ok, à ce nombre de retards, vous devez sincèrment me détester XD !
Je suis la première à m'énerver quand un auteur met autant de temps à écrire et pourtant, je suis 100 fois
pire. Lamentable XD !
Mais bon, peut-être que ce chapite (que vous allez sincèrement apprécier, croyez-moi), pardonnera ce retard de ... ahem ... 3 mois ? ^_^'' ... Bonne lecture ....
Avez-vous déjà eu l’impression de n’être qu’un simple spectateur de votre existence ? De voir défiler les jours un par un
sans les vivre réellement ? Les mois qui suivirent mes congés de Noël furent une routine infernale. Les journées se ressemblaient toutes, je ne pouvais pas faire de distinction entre chacune
d’elles. Je vivais comme un véritable automate, comme si je m’étais détaché de ma propre vie car elle ne me convenait plus … J’avais lâché prise … Je ne m’identifiais plus à rien … Comme si la
peine et l’angoisse que j’avais éprouvées durant les fêtes de Noël m’avaient dégoutées de ma vie, m’avaient incitées à me réfugier dans la routine pour me protéger des blessures que je pourrais
me faire en vivant réellement.
J’étais … amorphe, comme me l’avait reproché Nathalie. J’avais l’air de me foutre de tout et de ne pas tenir à elle. Elle
était énervée par mon comportement. Ça la mettait dans tous ses états et elle avait menacé plusieurs fois de me plaquer … Mais ça ne me faisait pas grand-chose … autant dire que je m’en foutais
royalement. Et Nathalie était beaucoup trop amoureuse de moi pour me larguer.
Nous étions en février. La St-Valentin approchait à grands pas et Nathalie, faisant partie du comité étudiant, était
chargée de décorer l’école en conséquence. Bref, je ne la voyais pas très souvent en ce moment. Éric, quant à lui, écrivait depuis déjà quelques semaines, une lettre à Tracy. Il l’avait
recommencé … trop souvent à mon goût. Il me la récitait à voix haute, effaçait des mots, en ajoutait. Personne n’était dupe. Tracy l’aimait aussi … depuis un sacré bout de temps. À quoi bon faire
tant d’efforts et accumuler autant de stress pour rien ? Il n’avait qu’à lui dire tout simplement : Je t’aime. Et le résultat serait le même.
Quand je lui disais ça, Éric me disait je n’avais tout simplement aucun sens du romantisme … Ce n’était pas faux.
Quant à Devon … Il ne m’aimait plus … Vraiment plus. Il avait changé de table le midi. Il ne mangeait plus avec Rayen et
Paul. Il avait changé de groupe d’amis et m’évitait autant que possible … Enfin, non, il ne m’évitait pas … Simplement, il n’en avait plus rien à foutre de moi. Il ne me regardait plus à la
dérobée, ne s’inquiétait plus pour moi, ne me parlait que par obligation et ne me remarquait plus. Je n’essayais même plus de comprendre la situation. J’en avais marre … Et ça me faisait mal d’y
penser … de sentir son parfum chaque fois qu’il passait près de moi … de le frôler … d’entendre sa voix … et de me dire que j’avais tout gâché, que je n’avais plus aucune chance avec lui. Alors
j’agissais exactement comme lui, comme si je m’en foutais …
Cet après-midi là, j’étais resté à la cafétéria après l’école avec Rayen et Éric. Éric était en train de nous réciter pour
la énième fois la nouvelle version de sa lettre sans tenir compte de nos bâillements et nos têtes d’enterrement.
« … J’aime ta longue chevelure rousse qui flamboie sous la lumière. J’aime prononcer chaque lettre de ton magnifique
prénom. Je voudrais être à tes côtés … Hum non, ça va pas, hein ? Pas ‘’à tes côtés’’ … Hum … plutôt … je voudrais être avec toi … près de toi … dans ton cœur … hum … qu’est-ce que vous en
dites, les mecs ?
- On s’en fout, marmonna Rayen.
- Fais ce que tu veux, rajoutais-je.
- Bon sang, vous m’aidez pas du tout ! Cette version est trop nulle !
- Elle est aussi bien que les douze dernières, Éric. Tu te prends la tête comme une nana devant ses vêtements, merde … Ça devient chiant, soupira Rayen.
- Pas de ma faute si t’es trop coincé pour avoir une copine, rétorqua Éric.
- Les filles, c’est une prise de tête, soupira Rayen.
- Tu préfères les mecs, peut-être ? ricana Éric.
- J’ai pas dit ça, répondit Rayen.
- Math, comment t’as fait avec Nathalie ? me demanda Éric.
- Je lui ai dit que je l’aimais, point barre. J’me suis pas cassé la tête.
- Ouais bon … en tout cas, j’vous laisse les mecs, dit Éric en prenant son sac d’école et en se levant de la chaise où il était assis. Je vais rejoindre Tracy. Elle termine son cours de danse
bientôt.
- À plus, répondis-je. »
Rayen et moi restâmes à la table, les bras croisés et l’esprit occupé par diverses pensées, pas vraiment enclins à partir
une discussion. Je me demandais ce que j’allais devoir faire pour la St-Valentin, par rapport à Nathalie. Devais-je lui offrir des fleurs ? Devais-je lui faire une déclaration d’amour ? Qu’est-il
conforme de faire pour la St-Valentin ? Je ne savais pas … En fait, peut-être fallait-il être amoureux pour être pris de bonnes idées … pour vouloir que tout soit parfait … Un peu comme Éric
faisait avec Tracy.
« Devon m’en a parlé. » dit Rayen, me coupant dans ma réflexion.
Je levais les yeux vers lui, le cœur battant soudain à la chamade. De quoi parlait-il ?
« … De vous deux, dit-il en réponse à ma question silencieuse.
- … Quand ?
- Des milliers de fois … et puis récemment. »
Mon souffle était coupé, mes mains tremblantes. Je voulais savoir … je voulais vraiment savoir mais … en même temps, je ne pouvais tout de même pas montrer de la curiosité quant aux propos
rapportés par Rayen … Sinon … il allait se douter que j’avais encore des sentiments pour Devon et ce n’était pas souhaitable. J’avais tourné la page … du moins, j’en donnais l’illusion.
Rayen continua sans que je ne pose de questions :
« J’ai toujours su qu’il t’aimait … depuis le premier jour. Ça se voyait. Il ne savait pas gérer ses émotions et n’arrivait
pas à accepter ce qu’il éprouvait mais il te regardait, sans arrêt. Ça ne m’a jamais vraiment choqué. Quand il me l’a avoué, je ne me suis même pas donné la peine d’avoir l’air surpris. Il t’a
aimé dès le premier jour où il t’a vu … Love at first sight, comme il le dit si bien. »
Je ne laissais aucune émotion passer sur mon visage. Je restais immobile, le regard dans le vide, comme peu intéressé par
ses propos … malgré le fait que toute mon attention était prisonnière de ses paroles, que tous mes sens étaient en éveil … Que mon cœur s’emballait dans ma poitrine comme jamais
auparavant.
« Faye … c’était par désespoir, pour t’oublier. Mais ça ne marchait pas plus que ça. Je pense que même Faye n’était pas
vraiment amoureux de lui. Il sortait avec Faye … mais il ne mettait aucun cœur dans sa relation avec lui … je pense que son cœur était resté avec toi malgré tout. »
Un peu comme moi avec Nathalie, songeais-je.
Rayen ne disait plus rien. Il me regardait fixement, comme s’il attendait une réaction de ma part. Je daignais enfin le regarder en m’efforçant de rester tout à fait impassible.
« Pourquoi tu me dis tout ça ? demandais-je.
- Parce que je sais que toi, tu l’aimes. Et qu’en ce moment, tu dois vivre le même calvaire qu’il a vécu.
- … Et qu’est-ce qu’il t’a dit récemment ?
- Qu’il ne t’avait pas oublié, qu’il t’aimait encore.
- Bien sûr, c’est ça … et je suppose que c’est pour ça qu’il m’évite comme la peste et qu’il ne m’a rien répondu quand je lui ai avoué que j’étais fou de lui ?
- Il pensait que tu te foutais de sa gueule.
- Que je me foutais de sa gueule ?!
- Comment voulais-tu qu’il réagisse, Math ? Tu sortais avec Nathalie, tu semblais vraiment le détester et tout faire pour l’emmerder … et tout d’un coup, t’es super gentil et tu lui dis que tu
l’aimes. Il ne t’a vraiment pas pris au sérieux.
- …
- Encore maintenant, il ne sait plus quoi penser … Mais en voyant comme tu as agi avec lui, il s’est dit que c’était vraiment une blague.
- C’en était pas une … vraiment pas …
- Alors qu’est-ce que tu comptes faire ?
- Je ne sais pas …
- Pourquoi tu restes avec Nathalie ? Encore si c’était un mec, j’aurais compris mais là …
- Eh, minute. Je suis pas homo.
- Ah bon ? Et Devon, c’est quoi alors ? Une nana ?
- Non … mais Devon, c’est Devon … C’est lui et seulement lui, pas les autres … J’peux pas l’expliquer.
- Je vois …
- Écoute … j’ai pas l’intention de faire quoi que ce soit … par rapport à Devon. Tout ça, c’est beaucoup trop loin de moi
maintenant.
- Tu fais ce que tu veux, Math. Je t’ai seulement dit ce que je savais. Après, c’est à toi de voir. »
Oui, bien sûr, le résultat final dépendait entièrement de moi à ce stade de l’histoire. Mais que pouvais-je faire ? J’avais réellement l’impression que trop de temps espaçait cette partie de moi
qui était prête à tout pour Devon et cette partie de moi qui était complètement hors de ce monde et qui semblait se foutre de tout. Comment réconcilier les deux ? Était-ce seulement faisable ?
Oui … peut-être bien … mais j’avais l’impression de ne plus le vouloir … parce que je n’avais plus l’énergie de me battre pour Devon, pour nous deux. La routine dans laquelle j’étais plongé
m’apportait une certaine protection du monde extérieur et des blessures qu’il pouvait m’apporté … Avais-je vraiment envie de quitter ce confort ? Non … je ne voulais plus souffrir … et je savais
pertinemment que tout ce qu’une relation avec Devon m’apporterait, ce serait de la souffrance. Ça n’en valait pas la peine. Je n’étais pas prêt à ça.
Je regardais Rayen et secouais la tête.
« Non … Définitivement … je serai pas capable de revenir en arrière, dis-je.
- C’est comme tu veux. »
Il n’y avait ni colère, ni amertume dans sa voix. Il se montrait aussi impassible que moi face à la situation. Ce n’était pas plus mal … J’avais l’impression qu’une simple réaction de sa part
m’aurait incité à prendre une autre décision …