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Bienvenue


Bienvenue dans mon p'tit univers,

Je n'ai pas la prétention de dire que mes écrits sont réalistes, j'écris pour faire rêver et pour sortir de mon quotidien. Mon seul but est d'amener le lecteur faire un p'tit tout dans mon imaginaire très très gay.. 


Mes histoires :

 

May Angels Lead You In : 13 ans, une relation ambiguë avec le fils de l'employée de maison, une homosexualité refoulée, une famille chiante et une sensibilité de fille ... Mais que dire ? Ma vie n'est
pas conventionnelle et ne le sera probablement jamais, autant me faire à l'idée [Terminé]

Dark Waltz : 16 ans, une famille fantôme, un ex petit ami qui ne s'est pas résolu à sortir de mon coeur, une meilleure amie lesbienne et une relation d'amour/haine avec un danseur à la sensualité débordante . Aux dernières nouvelles, ma vie n'est toujours pas conventionnelle. [Prologue en cours d'écriture] [Suite de May Angels Lead You In]

Cap ou pas cap ? : Guillaume est un chirurgien réputé dont personne ne connait les faiblesses. Marié depuis longtemps avec Amandine, il ne peut la quitter maintenant qu'elle se déplace en fauteuil roulant. Mais quand Djamel vient briser sa carapace, tout change ... [2ième chapitre en ligne]

Tentation : Naoaki Torres, métis dans une société complètement nippone et issu d'une famille d'obsédés sexuels, s'amourache de Haru Sekisawa, père célibataire de dix-huit ans; arrogant et taciturne. Comme s'il n'était pas déjà assez en marge de la société ... [1er chapitre en ligne]


Projets / En cours d'écriture :


Légende Urbaine  : Lui ? Le Roméo de ces dames, le tombeur (malgré lui) par excellence. Un simple pari avec des amis chamboule son quotidien. Il doit faire craquer Isaiah, le grand taciturne que les rumeurs disent homosexuel. Mais Roméo se prend les pieds dans son propre piège et la situation tourne d’une drôle de manière … [1er chapitre écrit]


Au-delà Des Montagnes : Le village de Kahan recueille un jeune garçon dont on confie l’éducation à Yohan, combattant prometteur de sa génération. Le plus jeune s’amourache de son aîné pour qui il voue une admiration sans bornes mais bientôt, l’élève dépasse le maître et la séparation est imminente … [2ième chapitre en cours d'écriture]


Fics en arrêt :

Forbidden Love : Le plan d’un élève, Faye Lind, qui tente d’avoir des relations sexuelles avec son professeur de français, Derek Eyston, afin de pouvoir l’accuser de viol et de détournement de mineur pour toucher l’argent du procès. [1er chapitre disponible]

Atteindre une étoile : Alexis est susceptible, colérique et taciturne. Benjamin est enjoué, souriant et créatif. Malgré leurs différences, ils forment un couple depuis plus de deux ans. Lorsque le talent d’acteur de Benjamin est repéré et qu’il est admis dans une école de théâtre à l’autre bout du pays, Alexis comprend qu’il sera dur de garder son petit ami... [1er chapitre disponible

 

 

Les mises à jour seront faites ... au gré de mes humeurs XD
Plus sérieusement, je vais essayer de pas accumuler les retards quand même mais il y a toujours une fic sur laquelle je travaille plus que sur les autres.

 

Bises à tous et bonne lecture.

 

Miyuki Lee

 

Mercredi 25 juin 2008

Merci énormément pour tous vos commentaires =D ! Ça fait vraiment plaisir d'en recevoir et ça m'encourage à poursuivre mon histoire ;) ! Je devrais avoir + de temps libre pour écrire maintenant que je suis en vacances ... bien que je sois en cours d'été -____-'' ... Enfin bref ...

Bonnes vacances à tous et surtout, bonne lecture :P

Les fêtes de Noël me parurent bien déprimantes cette année-là. Ma famille revint le soir même. Mon oncle et ma tante préparèrent une fête grandiose, nous firent manger des mets exquis et nous offrirent des présents fabuleux. Mais rien ne m’enchanta vraiment. J’avais le moral à zéro … et encore, zéro, c’est encore bien trop haut. J’avais le moral à – 100, à – 500 peut-être. Je feignais de m’amuser, de trouver la soirée belle, mais je pense que je ne trompais personne. Personne ne m’en parla, pour ne pas gâcher les festivités. Ils acceptaient sans peine ma fausse bonne humeur, le temps d’une soirée du moins. Vers deux heures du matin, tout le monde alla se coucher. J’étais loin d’être fatigué. Je sentais même la nuit blanche arriver, mais je ne m’en formalisais pas. J’avais seulement envie de disparaître. Je m’allongeais donc dans la chambre que l’on m’avait prêtée pour le temps des fêtes et je regardais fixement le plafond. Je ne sais même pas combien de temps s’écoula jusqu’à ce que ma mère vienne frapper à ma porte quelques coups. Elle attendit une réponse qui ne vint pas puis ouvrit la porte et vint s’asseoir près de moi. Je ne bougeais pas d’un millimètre. Elle posa sa main sur mon front puis la retira en soupirant.

 

« C’est bien ce que je me disais, tu n’es pas malade, me dit-elle d’une voix calme.

- Qui t’a dit ça ?

- Ton cousin. Un sacré bon acteur. Nul doute qu’on le verra bientôt dans les grands films d’Hollywood.

- …

- Mathéo… qu’est-ce qui ne va pas ce soir ?

- Rien … des embrouilles. » marmonnais-je.

J’avais Devon dans la tête, dans le cœur. Ce qu’il m’avait dit cet après-midi me bouleversait complètement. J’étais un grand sentimental beaucoup trop sensible. Ce côté de ma personne m’énervait au plus haut point. J’avais encore les larmes aux yeux et j’avais peur qu’elles finissent par glisser sur mes joues. Je les retenais du mieux que je le pouvais, mais ma mère n’était pas dupe. Elle lisait en moi comme dans un livre ouvert, savait pertinemment qu’il suffisait d’un rien pour que je craque. Elle m’amena donc vers elle et me serra tout contre son cœur. Je pleurais à nouveau, comme je me l’étais interdit de le faire … et j’en avais tellement honte. Je chassais les larmes de mon visage de coups de mains furieux. Ma mère retint mes poignets d’une main puis plongea son regard dans le mien.

 

« Qu’est-ce qui ne va pas ? répéta-t-elle d’un ton calme.

- Tout, dis-je en essuyant rageusement mes joues.

- Mathéo …

- M’man… je suis pas prêt du tout à parler de ça…

- De quoi s’agit-il ? »

J’avais songé un instant dire à ma mère : ‘’je suis homosexuel, fou amoureux d’un garçon.’’ Mais je n’en avais pas la force. Je ne souhaitais pas affronter sa réaction … Ça me faisait mal de songer à la manière dont elle allait agir avec moi par la suite. Je préférais me taire.

Ma mère me regardait de ce regard triste qui cherchait à comprendre, à trouver ce qui me causait tant de chagrin. Elle relâcha mes poignets et poussa un soupir silencieux.

 

« Mathéo, je …

- Je suis amoureux. » finis-je par dire à voix basse.

Elle me regarda droit dans les yeux sans sembler surprise. Son regard devenait sévère, triste, confus … Je ne sais plus trop. Je baissais la tête. J’avais l’impression d’en avoir trop dit. J’avais peur des questions qui allaient suivre. Elle allait me demander de qui, elle allait me demander des informations. Et j’allais craquer. Elle allait changer d’attitude envers moi … Tout allait changer. Elle n’avait pas à savoir que j’aimais Devon. Elle n’avait pas à savoir que j’étais …

« Je sais. » répondit-elle simplement.

Mon cœur cessa de battre. Un long frisson parcourut mon échine. J’avais cessé de bouger, de respirer. J’étais sûrement blême, mon teint devait même rivaliser avec le blanc immaculé des dernières couches de neige. Ma mère se contenta de me serrer dans ses bras, de poser un baiser sur mon front et de partir de ma chambre. Je restais immobile dans l’obscurité. Incapable de faire le moindre geste. Elle avait dit : ‘’je sais’’. Et je ne savais pas comment l’interpréter. Elle savait quoi ? Que j’étais homo ? Que j’aimais Devon ? Ou tout simplement que j’aimais quelqu’un ? C’était si visible que ça ? Que devais-je comprendre ? J’étais pris de sueurs froides. Je sentais tous mes membres trembler.

 

Au bout de quelques temps, je me glissais sous mes couvertures en ramenant mes genoux contre mon torse, en tentant de trouver le sommeil malgré toute la peur qui s’était installée en moi.

 

*

 

Je passais les jours suivants en compagnie d’Alexis. Nous avions un point en commun : nos idées noires. Ce mec était malheureux. Ça ne se voyait pas au premier coup d’œil mais je l’entendais parler et je comprenais. Benjamin allait partir pour cinq mois à l’autre bout du pays. Il allait passer cinq mois sans lui, sans le voir, ou peut-être seulement de temps en temps. Alexis disait qu’il s’en foutait, que ça ne lui faisait rien, qu’il n’en avait rien à battre. Mais tout sonnait tellement faux …

Je le regardais fumer cigarette sur cigarette. Je le regardais tenter différentes drogues. Et ma curiosité me dictait fortement d’essayer. Juste une fois. Juste comme ça. Mais durant les premiers temps, je ne fis rien. Absolument rien. J’observais, voilà tout.

Et puis au bout de quelques jours, Alexis me demanda si je voulais tenter quelque chose. Un joint. Tout simple. Ça ne me ferait aucun mal, assura Alexis. Il me dit que j’allais simplement oublier mes soucis, que j’allais me sentir bien. Et ceci réussit à me convaincre.

 

J’en fumais un. Et ce n’était rien. Un petit vertige de rien du tout. Vraiment pas de quoi me faire planer. Je n’avais pas mal au cœur, pas mal à la tête. Je me sentais comme tout à l’heure. Mes soucis étaient toujours là. J’avais toujours le cœur serré et la gorge nouée. Alors Alexis m’en donna un deuxième … un plus gros, disait-il, de meilleure qualité … Et je commençais à planer. Lui aussi d’ailleurs puisqu’il fumait au même rythme que moi.

 

Tout devint vague, plus facile. Ma première expérience avec la drogue ne fût pas désastreuse. Ce n’était pas le genre d’événement qui allait me marquer ou que j’allais m’empresser de raconter à Éric dès que je reviendrais. J’appréciais seulement le moment de tout mon être. Je m’abandonnais volontairement à l’état étrange dans lequel je me trouvais, savourant chaque seconde de la plénitude qui grandissait en moi de manière étonnante. Je regardais tout ce qui m’entourait avec des yeux nouveaux. C’était l’hiver, la température était glaciale mais dans l’état où j’étais, je ne le réalisais pas. J’avais ôté mon manteau et j’avais continué de fumer. Je ne savais plus trop quoi d’ailleurs. Drogue … cigarette … tout se mélangeait dans ma tête. Je n’y faisais plus trop attention. Je me sentais trop bien. Je me sentais libéré du poids qui était habituellement d’une lourdeur inégalable sur mes épaules. Et puis … Je regardais Alexis … Je le dévorais des yeux. Il était si beau. Il était sublime. Maintenant plus que jamais. J’arrivais presque à voir les traits de Devon sur son visage. J’arrivais presque à voir les cheveux blonds de Devon … Les cheveux d’Alexis étaient d’un blond terne … Ceux de Devon avaient la couleur étincelante d’un champ de blé au soleil. Et quand Alexis parlait, bien que je ne sache pas vraiment quels mots il prononçait, j’entendais presque l’accent américain de Devon. Tout me ramenait à lui. À Devon Skye. À mon cœur qui ne battait que pour lui. Je fermais les yeux et je le voyais si clairement … Je le voyais sortir de la piscine lors des cours de natation. Je voyais son corps ruisselant de gouttelettes d’eau, ses cheveux qu’il secouait vivement dans tous les sens et son sourire triomphant car personne ne lui arrivait à la cheville dans cette discipline. Je le voyais passer sa main dans ses cheveux lorsqu’il se concentrait sur un examen. Je le voyais … et je le désirais de tout mon être. Et ce désir-là était fort, peut-être intensifié par tout ce que j’avais pris … mais fort … à un point que je ne pourrais décrire.

 

Et je ne sais plus trop comment je me retrouvais à embrasser Alexis avec passion, avec fougue, avec le souvenir du goût des lèvres de Devon. Il ne me repoussa pas, bien au contraire. Et ce moment sembla durer une éternité bien qu’il n’ait peut-être duré que quelques secondes. Comment pourrais-je le savoir ? J’avais perdu à la fois l’esprit et la notion du temps. C’était à peine si je faisais la différence entre Alexis et Devon. Et si un mal de cœur ne m’avait pas violemment pris la poitrine à ce moment-là, je crois que nous serions allés beaucoup trop loin. Mais bon, peu importe ce qui se serait passé puisque ce n’est pas arrivé. Tout est vague ensuite. Je me rappelle avoir vomi, la tête au dessus de la cuvette des toilettes. Je me rappelle de la main tremblante d’Alexis sur mon épaule, de la voix aiguë de Maeve qui demandait ce qui s’était passé, ce qui n’allait pas. Mais ensuite, tout devint noir …

Je me réveillais dans mon lit après quelques temps. En fait, peut-être que je n’avais même pas dormi. Peut-être avais-je simplement repris conscience. J’étais dans un état étrange, comateux … nauséeux. Je me blottissais dans mes couvertures. Ma tête était bien lourde et j’avais beaucoup de mal à la supporter. Mon corps tout entier tremblait, comme si tout le froid que je n’avais pas ressenti précédemment, me rattrapait. Je me sentais comme atteint d’une grippe subite. Et mon corps trop faible avait dû mal à combattre tout ce qui se produisait en lui. Cet état ne dura qu’un temps, jusqu’à ce que je m’endorme à nouveau. Quand je me réveillais quelques heures plus tard, je me sentais beaucoup mieux. Je sortis de ma chambre et gagnais le grand salon où Maeve regardait la télévision avec sa mère. Quand elle me vit, elle se précipita vers moi afin de me prendre dans ses bras puis de me relâcher pour me fixer de ses yeux paniqués.

 

« Bon sang, Math ! Tu vas mieux ? Tu m’as fait une de ces peurs ! » Dit-elle en soupirant.

J’avais le teint pâle et mon cerveau prit un temps interminable pour analyser ses propos et pour justifier mon état abominable sans trahir Alexis qui avait crut bien faire.

« Pardonne-moi de t’avoir fait si peur, m’excusais-je en la regardant d’un air penaud, je ne suis pas habitué au froid … et je suis resté dehors trop longtemps. Ça ne m’a pas réussi …

- Tu aurais dû te couvrir davantage, me sermonna-t-elle, ce n’était pas bien malin de ta part de sortir en t-shirt !

 

- Désolé … »

 

Maeve me considéra d’un œil sévère un instant jusqu’à ce que sa mère intervienne. Elle se leva du canapé et vint près de moi, posa sa main sur mon front puis m’adressa un sourire crispé.

« Je vais demander à une domestique de te faire couler un bain, histoire de faire baisser la fièvre. Ensuite, tu boiras un thé au citron et tu essayeras de dormir. Évitons d’inquiéter tes parents. Ils sont en ville avec Benjamin. J’espère que tout ira mieux d’ici leur retour.

 

- Je vais déjà très bien, je ne fais pas de fièvre. Je suis juste un peu abruti par tout ça … Mais ça va passer rapidement. »

 

Et je ne mentais pas. Ce n’était pas la grande forme mais je pouvais encore me tenir debout sans chanceler. Je sentais que tout mon corps était faible mais ça allait bien … plutôt bien.

 

Par Miyuki Lee - Publié dans : May Angels Lead You In
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Mardi 13 mai 2008
Deuxième partie du chapitre 7 ;)

Maeve hocha la tête derechef puis elle m’adressa un mince sourire, comme un éclat de soleil dans une tempête. J’avais le cœur à l’envers et les pensées sombres défilaient dans ma tête. J’avais besoin de sommeil. Seule activité qui me débarrassait de tout le poids que j’avais sur les épaules. Je demandais donc à ma cousine de me conduire à la chambre où l’on avait déposé mes affaires, elle m’y conduit immédiatement. La pièce était immense. Une grande chambre aux couleurs beiges et blanches. Un lit double était installé au milieu de la pièce et une grande fenêtre baignait la chambre de soleil. Mes affaires avaient été posées au pied du lit.

 

Maeve me quitta en fermant la porte derrière elle et en me recommandant de bien me reposer. Je me couchais sur le lit et pris mon téléphone portable de mon sac à dos. J’envoyais rapidement un texto à Devon : ‘’Il fau ke jte parl’’. Deux minutes plus tard, je recevais : ‘’Pa envi. Fou moi la paix’’ Bon visiblement, Devon m’en voulait toujours énormément et bien que ça me faisait beaucoup de peine, je ne voyais pas comment j’aurais pu arranger la situation. Mais j’avais envie de lui dire la vérité, de lui dire tout ce que j’avais pu dire à Maeve. Je décidais donc de l’appeler. Aucune réponse. Je l’appelais une seconde fois. Toujours rien. Je tombais systématiquement sur le répondeur. Mais je ne me fatiguais pas pour autant. Je savais que Devon entendait mes appels. Je savais très bien qu’il les ignorait mais qu’il finirait par répondre si je persistais. Comme de fait, il me répondit au bout du sixième appel :

 

« Quoi ?!

- Sympa ! Ça fait au moins dix minutes que j’essaye de te rejoindre !

- T’as décidé de gâcher mes vacances ou quoi ?

- ‘Faut que je te parle, Devon …

- Ça m’intéresse pas mais alors là, pas du tout. Tu vas me dire quoi ? Que tu m’aimes en ami et que tu ne veux pas que ça change entre nous deux et blablabla ? J’en ai rien à foutre, t’entends ? Garde tes conneries pour toi et fais-moi le plaisir de m’oublier une bonne fois pour toute !

- Merde, Devon ! Calme-toi ! Ce n’est pas du tout ce que je voulais te dire ! Tu vois, y’a deux minutes, je me disais que j’allais te laisser respirer et là … Là, je me suis retrouvé seul et j’ai juste eu envie de …

- De me faire chier ?

- Non … d’entendre ta voix ….

- Pour me faire chier ?

- T’as rien compris … J’ai besoin de te voir.

- Pourquoi ?! Pour me faire ch ....

- Non, pas pour te faire chier ! Parce que j’ai besoin de te dire un tas de trucs ! Y a deux minutes, je voulais rien te dire du tout mais là, c’est plus fort que moi, j’en crève d’envie de te dire tout ce que j’ai sur le cœur ! Ça me rend complètement malade qu’on se soit quittés comme ça !

- Tu dérailles complètement, Math.

- Pas du tout !

- On se revoit à la fin des vacances …

- NON ! Hors de question ! Il faut absolument que je te parle face à face ! »

Il y’eut un silence … un long silence … Devon ne disait rien. Et moi, je réalisais ma folie, ma stupidité dans une telle situation. J’aurais dû m’en tenir à ce que j’avais dit à Maeve … J’aurais dû … Mais je n’avais pas réfléchi le moins du monde en appelant Devon. J’avais eu besoin d’entendre sa voix. J’avais eu besoin de tout dire une bonne fois pour toute. Mon cœur battait la chamade, mon estomac était noué et ma gorge complètement sèche. À l’autre bout de la ligne, j’entendis renfiler quelques fois, comme s’il pleurait à nouveau. Peut-être était-ce une fausse impression mais j’en avais le cœur qui se serrait dans ma poitrine. Devon reprit la parole au bout de quelques minutes :

 

« Math … je veux plus entendre parler de toi, dit-il d’une voix faible, j’en ai marre de cette histoire. Et tout à l’heure ... ce que t’as dit à Nathalie à quelques centimètres de moi … Je l’ai pas supporté. Je te jure que je t’aurais frappé si je l’avais pu … J’en peux plus, Math. Je t’aime … tu ne peux même pas savoir à quel point je t’aime. Mais je ne veux plus avoir à supporter ça. Ça me tue. Oublie-moi, fais comme si je n’existais pas. Ne me parle plus, ne pense même plus à moi. Ça me fait chier que tu m’appelles, que tu m’envoies des texto. Je vais tout faire pour t’oublier, je te le promets. Mais en échange, n’essaye plus de m’approcher. »

Je gardais le silence. J’avais les mains qui tremblaient … pas seulement les mains en fait … Mon corps tout entier tremblait, vacillait entre les deux choix qui s’offraient à moi. Crier à Devon que je l’aimais plus que tout ou accéder à sa requête ? Mon courage se perdait, s’effilochait avec les secondes qui passaient. Je me demandais ce qui m’avait pris d’appeler Devon, de vouloir être avec lui à ce point. Ça n’avait aucun sens. Je n’aurais pas dû gâcher ses vacances de la sorte. Que lui aurais-je dit de toute façon ? Je t’aime à la folie mais je ne suis pas prêt à entamer une relation amoureuse avec toi ? C’était de la torture. Autant pour lui que pour moi. Je fis donc l’acte le plus lâche de mon existence, un acte que je ne pouvais qualifié d’erreur ou de bon choix en fait … J’accédais à sa demande.

 

« D’accord … »

Devon raccrocha. Le silence m’envahit. La solitude. L’envie de pleurer, de tout casser, de m’effondrer. Mais je ne bougeais pas d’un millimètre. Je serrais mon portable dans ma main tout en fixant le vide devant moi. Comme si tout s’était arrêté lorsque j’avais dit : ‘’d’accord’’ à Devon. Venais-je de faire la plus grosse connerie de ma vie ? Ou était-ce la seule bonne chose à faire dans une telle situation ? Je me sentais tellement pitoyable …

Je restais quelques minutes de plus dans les pièces puis, ne supportant, pas le silence, je la quittais et commençais à marcher de long en large dans l’immense domicile que j’habitais le temps de quelques jours. Maeve écoutait de la musique dans sa chambre. Benjamin restait introuvable. Quant à leurs parents, ils devaient être allés faire des courses en ville (les miens et mon frère devaient arriver dans quelques heures). Je croisais une dizaine d’employés de maison qui s’affairaient ça et là, entre ménage et cuisine, qui me saluaient poliment puis continuaient la tâche qu’on leur avait attribué. Je demandais mon manteau à une femme de ménage, mis mes chaussures puis sortis dans la cour, histoire de prendre l’air.

Le froid me mordait littéralement la peau. Je n’étais pas habitué à un tel climat. Je restais tout de même dehors, regardant les flocons de neiges être emportés par le vent.  Au bout d’un certain temps, je sentis une présence près de moi. Je crus que c’était Benjamin jusqu’à ce que l’individu se présente devant moi. C’était un garçon qui devait à peu près avoir l’âge de mon cousin. Par contre, il avait une beauté à couper le souffle. Des yeux bruns et un regard intense, fascinant. Des cheveux mi-longs de couleur blonde. Une taille de mannequin. Un petit air boudeur. Une peau pâle. Il était … sublime. Il n’y avait pas d’autres mots.

« T’es le cousin de Ben ? me demanda t’il d’une voix grave.

- … Oui.


- Moi, c’est Alexis.

- Mathéo, répondis-je.

- Cigarette ? demanda t’il en sortant son paquet et son briquet de sa poche.

- J’ai jamais vraiment … fumé, répondis-je à voix basse.

- Ça s’apprend. » répondit-il d’un ton sec en me mettant une cigarette entre les doigts puis en me l’allumant.

Il fit de même pour lui afin de me donner l’exemple. Je l’imitais tant bien que mal, aspirant et gardant la fumée dans ma bouche puis la recrachant au bout de quelques secondes. Le goût me parut horrible et me piqua la gorge pendant un bon moment. Je ne voulais pas avoir l’air con devant Alexis qui avait l’air si classe à côté de moi … alors je continuais de fumer sa cigarette jusqu’au bout. Il écrasa son mégot sous la semelle de sa chaussure. Je fis de même.

« T’as aimé ? me demanda-t-il.

- … Oui, mentis-je en hochant la tête.

- Menteur, répliqua-t-il, t’as trouvé ça dégueu.

- …

- T’en fais pas, y a des trucs meilleurs que tu pourras essayer.

- De la drogue !? demandais-je en écarquillant les yeux.

- Pourquoi pas ? ‘Faut tout essayer dans la vie …

- Me dis pas que c’est Ben qui t’a dit de me faire essayer ce genre de trucs ?!

- Si Ben savait que je venais de te faire fumer, il m’égorgerait.

- Alors pourquoi … ?

- Parce que je suis un raté qui n’a rien d’autre de mieux à faire dans la vie que de faire fumer le petit cousin de son petit ami. Et puis bon … à ton âge, on est curieux. C’est le moment de tout essayer. »

Durant toute mon enfance, on m’avait répété que la drogue, c’était mal. Et aujourd’hui, les paroles de mes enseignants du primaire me revenaient. Tous les méfaits de la drogue, la dépendance que cela engendrait. Je n’étais pas vraiment sûr que cela soit une bonne idée. Mais en même temps, la curiosité de l’effet que cela pouvait produire était bien forte en moi …

Voyant la crainte dans mes yeux, Alexis crût bon de me rassurer :

« C’est comme tu veux. Le choix n’appartient qu’à toi. Mais bon, ça vaut la peine d’essayer. Juste par curiosité. Tu ne vas pas devenir un drogué pour autant.

 

- … Je veux bien essayer, répondis-je après un moment d’hésitation.

Alexis n’était pas méchant et n’avait aucune mauvaise intention. Après tout, la drogue, j’y aurais touché un jour ou l’autre … Mais le moment était mal choisi, très mal choisi …

Par Miyuki Lee - Publié dans : May Angels Lead You In
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