Eh voilà ! Je suis
de retour ^_^ ! Je suis sincèrement désolée de l'énorme (Euphémisme, je sais xD) retard que j'ai pris sur mes histoires. En plus, ce chapitre n'a
rien de passionant, je voulais juste introduire quelques personnages avant tout ... Enfin bref, merci beaucoup à tous mes lecteur de me soutenir, de me commenter, de me lire. C'est vraiment sympa
;) ! Bonne lecture ^_^ !
Que fallait-il faire ? Que fallait-il dire ? Y'avait-il une solution meilleure qu'une autre ? Devais-je prendre mon courage à deux mains et tout abandonner pour mon premier amour ? Où devais-je
prendre mon mal en patience et attendre que nos sentiments amoureux s'effacent ? Devon ... quand je pensais à lui, mon cœur battait si fort ... Et en même temps, envisager de tout perdre pour lui
... je n'étais peut-être pas assez amoureux ... ou peut-être pas tout à fait prêt à m'assumer. J'aimais les garçons et je n'aimais pas les filles. C'était un fait. Mais ce fait était inscrit en
lettres d'or dans le domaine privé de ma vie. Je ne voulais pas le crier sur tous les toits et s'il pouvait être caché à jamais ... ce n'était pas plus mal. Dans ma tête se formait des projets
tous aussi fous les uns que les autres mais un seul me parut faisable. J'allais terminer mes études universitaires dans un domaine quelconque (le plus court de préférence) et j'allais partir.
Loin, dans un autre pays, sur un autre continent, sans le dire à personne. Et là, j'allais accepter de m'assumer pleinement. Sur une terre inconnu où les gens que je rencontrerais n'aurait jamais
connu un autre Mathéo, où je n'allais décevoir personne. Quand j'en parlais à Benjamin, il me toisa d'un regard amusé, un sourire aux lèvres.
« Moi aussi, j'ai pensé à la même chose auparavant, m'avoua t'il.
- Pourquoi ? Tes parents sont ouverts d'esprit et tes amis aussi ! Ils l'ont tous tellement bien pris !
- Je ne pouvais pas le savoir avant de leur dire ...
- Ouais ... évidemment ...
- Math, arrête de penser aux autres un instant, fais ça pour moi.
- D'ac ... je ne pense plus aux autres ...
- Tu veux vraiment partir à l'étranger, quitter tes racines, ton pays, tes amis ?
- ... Non, pas vraiment ...
- Alors ne le fais pas et ne pense même pas à le faire plus tard. Ça ne s'appelle même pas une solution ! Tu choisis l'option facile : la fuite. Et si tu fuis, ton problème va te poursuivre,
crois-moi. De toute façon, je suis sûr que tes parents préfèrent un fils homo qu'un fils perdu !
- J'en suis pas aussi sûr ...
- On va leur dire.
- Pardon ?!
- Cette semaine, on va dire à tes parents que t'es gay.
- Hors de question.
- Math ... je vais être là. Mes parents aussi vont être là. Le climat va être favorable. S'ils osent dirent quoi que ce soit, on sera là.
- Pourquoi leur dire maintenant ?
- Pour que tu puisses être avec Devon.
- Il y a toujours mes amis qui ne le savent pas et ...
- Ça c'est un autre problème. Et il est insignifiant par rapport à celui que constitue tes parents.
- Je le sais bien ... »
Nous étions dans la voiture de Benjamin. Nous roulions sur les routes enneigés de son village. Tout était si calme si on comparait à la ville où j'habitais. C'était un petit village perdu au
milieu des montagnes, perdu au milieu du calme. Regarder le paysage qui m'entourait avait réussi à calmer mes sanglots, mes larmes. Benjamin en était conscient. Nous roulions depuis plus d'une
heure alors que le trajet jusqu'à son domicile nous aurait normalement pris moins de dix minutes. Mon corps avait cessé de trembler et je respirais à nouveau calmement.
« C'est peut-être un peu trop tôt, dis-je en soupirant, ils ne me prendront pas au sérieux et même moi, je ne suis sûr de rien...
- Tu éprouves du désir pour les filles ?
- ... Bah ... non.
- Et tu dis que tu n'es sûr de rien, hein ?
- Bah y a des gens comme ça qui aiment un garçon ... juste un.
- Et si tu n'aimais pas Devon, tu aimerais une fille peut-être ?
- Non ... mais c'est trop tôt pour leur dire.
- Si on ne leur dit pas cette semaine, tu ne leur diras jamais.
- Peut-être bien ...
- Math, ils ne pourront pas avoir de réactions négatives si toute ma famille est autour. Tu le sais aussi bien que moi.
- Oui mais après ... après comment ils vont réagir ? À la maison ? Plus rien ne sera comme avant. Je ne sais même pas comment ils vont me traiter quand ils sauront que je suis ... que je suis
...
- Homo ?
- ... C'est ça ...
- Ils t'aiment, Math. C'est indéniable, tes parents t'aiment de tout leur coeur. Ils t'accepteront comme tu es.
- Je ne sais pas ... Je préfère ne pas y penser pour le moment ...
- Affronte la réalité comme un homme.
- Réalité de merde.
- Bah ouais, c'est comme ça la vie.
- J'ai une copine ... Mignonne comme un cœur et tellement intelligente ... Pourquoi je ne peux pas l'aimer ? Ce serait tellement plus facile. Ma mère serait tellement contente de la rencontrer.
Mon père serait fier de moi. Mon frère s'en foutrait mais bon ... Il me regarderait pas avec dégout non plus ...
- Ils aimeraient tout autant Devon, crois-moi.
- Non ... je ne pense pas ... Enfin ... ce n'est pas très important.
- Les miens, ils ont été contents de rencontrer Alexis ...
- Ton copain ?
- L'amour de ma vie.
- Tes parents sont cools.
- Oui, c'est vrai ... Mais les tiens aussi le seront, tu verras.
- ... »
Nous arrivions devant une maison immense, magnifique. La demeure où habitait Benjamin. Dans le décor hivernal, elle semblait d'autant plus somptueuse. Le jardin était recouvert de neige mais
l'été, il était beau à en couper le souffle. Des fleurs de toutes les couleurs y poussaient et chaque plante était traitée avec soin par des spécialistes coûtant une petite fortune chacun. La
maison était faite de briques beiges et orné d'un immense toit noir. Elle datait du siècle dernier mais avait été rénovée une quinzaine d'années plus tôt.
Benjamin gara sa voiture dans l'allée et nous descendîmes. Je pris mon sac à dos
d'une main et nous nous dirigeâmes vers sa demeure. Une vieille femme en tenue de bonne nous ouvrit la porte. Elle adressa un grand sourire à Benjamin, me souhaita la bienvenue et prit nos
manteaux et mon sac.
« Mademoiselle Maeve est dans sa chambre. Elle m'a dit qu'elle souhaitait voir son cousin dès son arrivée, nous dit la dame.
- Nous y allons immédiatement, assura Benjamin en souriant. »
Nous ôtâmes nos chaussures et Benjamin m'entraîna vers la chambre de sa sœur. Il y frappa quelques coups puis Maeve nous ouvrit. Elle avait encore énormément embelli depuis les dernières années.
Maeve était chanteuse et à la télévision, son visage était toujours caché sous des tonnes de maquillage. Mais là, au naturel, elle semblait encore plus belle. Elle m'offrit son plus beau sourire
et me serra dans ses bras.
« Contente de te revoir Mathéo ! » me dit-elle.
Elle posa ses mains sur mes épaules afin de m'éloigner d'elle puis elle me regarda des pieds à la tête en souriant de plus belle.
« Tu es vraiment devenu beau en grandissant ! Tu dois en briser des cœurs !
- C'est le cas de le dire, plaisanta Benjamin.
- Ta gueule, marmonnais-je.
- T'as une petite amie, Math ? demanda Maeve.
- Bah ouais ... plus ou moins ... mais ouais ... bon, balbutiais-je en me demandant si le fait de l'avouer à Maeve était une bonne idée ou non.
- Un petit ami, corrigea Benjamin en faisant un clin d'œil à sa sœur.
- Non pour l'instant, c'est vraiment une petite amie, dis-je, énervé.
- Je ne comprends pas là, soupira Maeve, Math est amoureux d'un transsexuel ou quoi ?
- Mathéo est gay mais il sort avec une fille, expliqua Benjamin.
- Sympa de garder les secrets, dis-je.
- Parlant de petit ami, le tien ne va pas trop bien, Ben. Qu’est-ce qui s’est passé entre vous deux encore ?
- Rien du tout, marmonna mon cousin.
- Ouais bon, vas le rejoindre au lieu d’emmerder Math. »
Benjamin obtempéra sans faire d’histoires. Maeve avait une certaine autorité naturelle à laquelle il était bien difficile de résister. De toute façon, Benjamin n’aurait pas résisté bien
longtemps. Il s’agissait tout de même de l’être auquel il tenait le plus au monde qui n’allait pas bien. Maeve me fit entrer dans sa chambre. Nous nous assîmes sur son lit et elle me conta son
quotidien et celui de son frère. Elle me raconta que Benjamin avait été accepté dans une école de théâtre à l’autre bout du pays et que des gens haut placés dans le show business l’avaient
remarqué. Son avenir semblait déjà tout tracé. Alors que celui d’Alexis était plutôt sombre. Il n’avait pas vraiment la volonté et l’argent pour faire des études universitaires. De ce fait, il
s’éloignait énormément de Benjamin qui ne songeait qu’à l’avenir.
« Ça ne va pas durer entre eux, ajouta t’elle en soupirant, c’était un amour
d’adolescence. Ils se sont aimés à la folie et ils s’aiment toujours d’ailleurs. Mais ils n’ont aucun avenir ensemble. Ils n’ont rien en commun et l’âge adulte les séparera davantage. Les
histoires de cœur à l’adolescence, on les vit toujours avec la certitude qu’elles se termineront en peu de temps.
- Ça sert à quoi de les vivre alors ?
- Aimer, tu trouves pas que c’est magnifique ? Et partager ce sentiment avec quelqu’un, ça ne t’attire pas ? Ça fait de l’expérience en plus …
- Ouais … peut-être bien …
- Tu me racontes un peu ton histoire ? »
J’entamais mon histoire pour la seconde fois. Le départ de Shana, l’arrivée de Rosabelle et de son fils, Devon. Nos disputes. Notre baiser. Notre relation des plus ambigües. Les chansons que
Devon écrivait. Son cahier que j’avais discrètement glissé dans mon sac. Je ne mentionnais pas que j’avais éclaté en sanglots dans les bras de Benjamin, honteux de mon attitude. De toute façon,
ma cousine l’avait deviné en voyant mes yeux rouges et gonflés ainsi que mon teint pâle. Elle m’écouta attentivement en hochant la tête.
« Devon est dans la région alors ?
- Oui …
- Si tu as le nom de ces grands-parents, je pourrais …
- Non, surtout pas !
- Pourquoi ? Tu tiens à le revoir, non ? Et tu lui as fait tellement de peine à ce garçon … Ce serait dommage de le laisser être malheureux pour le temps des fêtes, non ?
- Je vais le laisser respirer, voilà tout …
- Oui, bon, en fait, c’est surtout toi qui a besoin de respirer …
- Peut-être bien … mais s’il parvenait à m’oublier pendant le temps des fêtes, ce ne serait pas plus mal.
- Pourquoi tu veux qu’il t’oublie ?
- Je suis pas prêt, tu comprends ? Je pourrais pas être avec lui, même si je l’aime de tout mon cœur. J’en serai tout à fait incapable. Je ne m’assume pas, pas du tout. Et je ne le dirais pas à
mes parents. J’ai encore trop de doutes.
- Je sais, murmura Maeve en prenant ma main dans la sienne.
- Pour l’instant, je me dégoûte carrément. Et je ne sais pas si ça va changer un jour. Tout ce que je sais, c’est que j’ai trop de choses à régler avec moi-même avant d’envisager une relation
avec qui que ce soit. Je vais en parler avec Nathalie et elle va comprendre. »