Et voilà, terminé ... Dernière ligne droite avant la fin de ma fic.
J'ai commencé à écrire à 22h et ... Wow, il est 6h48 XD
D'accord, je faisais des miliers de trucs en même temps et ça aurait pas pris
autant de temps si j'avais pas hésité autant sur le fin.
D'ailleurs, ne vous étonnez pas de voir un petit changement dans le prologue. J'ai décidé de l'intégrer à mon épilogue (compliqué comme concept, je vous l'accorde).
Parce qu'au début, je voulais étendre la relation de Devon et Mathéo sur cinq ans ... mais je me suis dit que ça serait chiant pour le lecteur de devoir les endurer dans leur relation ''je
t'aime, moi non plus'' aussi longtemps. Il faut que Mathéo avance de son bord, sans Devon. Alors oui, il y aura une suite que je travaille déjà un peu ... mais Devon sera beaucoup moins présent,
sans complètement disparaître tout de même.
Bon, assez de blablabla, je vous laisse profiter de mon dernier chapitre et de mon épilogue.
Bisous à tous et bonne lecutre -x0x-
Cette nuit-là, je ne dormis pas et la présence de Devon n’y changea rien. En moi, quelque chose s’était brisé et je ne
saurais expliquer exactement ce que c’était … Je n’arrivais pas à serrer Devon contre moi, comme j’en avais l’habitude. Étrangement, sa présence me dérangeait, comme s’il n’avait déjà plus sa
place auprès de moi. Il ne fallait pas oublier que j’avais tout juste treize ans et que l’avis de mes parents m’influençait encore énormément. Je les aimais … et eux n’aimaient pas cette partie
de moi qui aimait Devon. J’avais toujours été un enfant facile et depuis tout ce qui s’était passé durant le temps des fêtes, tout avait changé entre mes parents et moi. Tout. Ils avaient perçu
un côté de moi qu’ils ne connaissaient pas et qui les effrayaient. Je savais ce qu’ils ressentaient … Un mélange de peur et de dégout. Et c’était tellement palpable pour moi que ça en devenait
insupportable. Ils m’avaient aimé, élevé, nourri … C’était un peu comme s’ils avaient un droit sur moi, dans ma tête du moins. Et je ne pouvais me résoudre à assumer le fait qu’ils allaient se
détacher de moi. Ils allaient être là tout au long de mon existence, comme les remparts solides de mon existence auxquels j’allais pouvoir m’accrocher. Si ma vie avait été un livre, ils en
auraient occupé la plupart des pages. Devon n’était qu’un chapitre sur le point de s’achever.
J’avais un don inné pour agir sur des coups de tête, pour prendre des décisions idiotes qui avaient des répercussions abominables sur le reste de ma vie. Cette fois-ci n’échappa pas à la règle.
Ce soir-là, mes émotions eurent le dessus sur moi et la honte que j’avais de moi-même m’enveloppait tant et tellement que je tentais de la repousser … en d’autres mots, de repousser ce qui
provoquait en moi ce dégoût que j’avais de ma personne … de repousser Devon.
J’avais posé ma main sur l’épaule de Devon, sur sa peau toujours chaude, cette peau que je connaissais par cœur pour l’avoir parcourue des nuits entières. Il s’était retourné vers moi, m’enrobant
de son regard tendre et de son demi-sourire sur lequel je lisais toujours un certain désir. Il devait s’attendre à ce que j’oublie ma crainte des commentaires de mon frère pour me laisser aller à
une nouvelle nuit de folies. Ce que je ne fis pas. D’ailleurs ses propres traits devinrent plus sérieux lorsqu’il vit mon air plus dur qu’à l’ordinaire.
« Devon, ‘faut qu’on parle. » dis-je d’un ton qui se voulait calme.
À ce moment-là, il comprit. Je n’aurai pas eu besoin de tenir tout un discours, je n’aurais pas eu besoin d’un seul mot. Son regard était déjà voilé de tristesse. Il ne pleurait pas … Devon
n’était pas comme moi … Il lui en fallait une sacré dose pour se mettre à pleurer réellement. Je l’admirais sur ce point-là d’ailleurs.
« Nous deux, commençais-je en détournant le regard, ce n’est pas … pas ce que tu crois … je ne savais pas où j’en étais mais … mais je pense pas que c’est ce que je veux. Ça me gêne notre …
relation. »
Il garda le silence tandis que ses yeux scrutaient les miens à la recherche d’un mensonge, d’une défaillance, de quoi que ce soit qui puisse lui prouver que je me trompais, que je disais
n’importe quoi. Mais il ne trouva rien.
« … Tu ne m’as jamais aimé ? me demanda-t-il bien que son ton était plus celui d’une affirmation.
- Je ne pense pas, répondis-je sans oser le regarder.
- … Je le savais, répondit-il d’un ton qui affirmait le contraire, je m’en doutais … je m’y attendais. T’en fais pas, pour moi, c’était juste physique. Y avait rien d’autre entre nous … je veux
dire, c’est pas une relation. Alors on peut toujours …
- Non, le coupais-je, sachant pertinemment où il voulait en venir, je ne veux pas qu’on continue. Je veux qu’on arrête, Devon. Je me sens pas de ce bord-là. »
Il tentait d’avoir l’air fort, en vain. Je le voyais bien dans son regard, dans la manière dont il mordait sa lèvre inférieure. Mais même cela ne m’atteignait pas. Je ne pouvais pas retourner en
arrière. Pas maintenant.
Il ne savait pas comment réagir et ça se voyait. Il ne pouvait croire ce qu’il entendait peu importe qu’il l’ait anticipé par le passé. De mon bord, je ne pouvais pas réagir non plus. Que
pouvais-je faire de plus de toute façon ? Prononcer d’autres paroles, ça l’aurait détruit, bien plus qu’il ne l’était déjà.
Devon se rapprocha de moi, sans que je ne m’y attende réellement. Il posa ses lèvres sur les miennes et m’imposa un baiser qui me prit tant au dépourvu que je ne pus réagir comme il le fallait.
Son corps s’appuya sur le mien et il tenta en des gestes désespérés de me retrouver, de retrouver celui que j’avais été il y a si peu de temps. Mais j’étais déjà loin, tellement loin. J’étais un
danger pour moi-même, je pensais tant, que mes pensées s’entrechoquaient entre elles et cela aboutissait à des actions et des états d’esprit tellement dévastateurs que cela avait des conséquences
affreuses sur le reste de mon existence. J’étais jeune et inexpérimenté. Ce qui m’arrivait … je n’étais pas prêt à l’affronter. Je ne savais pas ce qui était bien et ce qui était mal. Ce n’est
pas que j’agissais sans réfléchir, bien au contraire … seulement, je me laissais mener par mes émotions du moment, sans prendre en compte celles du passé et celles que j’aurai dans le futur.
C’était un peu compliqué à expliquer.
Je n’arrivais pas à repousser Devon, j’en étais incapable. Mon esprit voulait le repousser, ne supportait pas d’imaginer la
suite. Mon corps n’avait qu’envie de répondre à chacun de ses baisers et chacune de ses caresses. Quant à mon cœur, je n’arrivais même plus à l’entendre …
Il me fallut réunir toutes les forces que j’avais encore pour poser mes mains sur les épaules de Devon et l’éloigner de moi. Son visage était peint d’une tristesse nouvelle, il ne cherchait plus
à la cacher. Il était désemparé.
« Qui ne tente rien, n’a rien, hein ? … » murmura-t-il.
Je le toisais d’un regard impassible, tentant de lui démontrer que son désarroi ne m’affectait nullement. Mes mains n’osaient pas se détacher de ses épaules, créant une sorte de barrière entre
nous. Nous n’osions plus bouger, appréhendant chacun des gestes que nous ferions alors que tout était déjà perdu, terminé. Je le sentais trembler sous mes doigts. Sa tête se baissa comme si elle
avait pesé une tonne, il n’arrivait plus à me regarder. Ce fut un long moment de silence où mes propres mains commencèrent à trembler et je n’aurai su dire si c’était à cause de ce que je
ressentais ou à cause du poids que je devais supporter …
« Je t’aime Mathéo. »
Il l’avait dit d’une voix claire, sans l’once d’une hésitation et n’obtenant aucune réponse de ma part, il était parti, comme il partait d’habitude, refermant lentement la porte derrière
lui pour ne pas indiquer sa présence par trop de bruits. J’étais resté immobile, bouche bée.
Et tout d’un coup, j’avais eu froid, terriblement froid …
*
Les mois passèrent par la suite sans que je parle à nouveau à Devon. J’avais su par mes parents qu’il déménagerait au sud
du pays, si loin de moi qu’il y aurait peu de chance pour que le revoie un jour. J’éprouvais un mélange de soulagement et de chagrin. Je me disais qu’en ne le revoyant plus, je n’éprouverais plus
ses sentiments contradictoires qui avaient bouleversé mon existence, que j’aurais le temps de me replacer et de me faire une raison. En même temps, m’imaginer ne plus jamais le revoir créait des
vertiges dans tout mon corps, me serrait le cœur si fort, tellement fort …
Le mois de juin arriva plus rapidement que je ne l’aurai cru. Il devait s’être écoulé près de deux ou trois mois depuis que Devon me l’avait dit … et depuis, cette phrase se répétait sans cesse
dans ma tête avec le ton exacte. C’est encore aujourd’hui un de mes souvenirs les plus précis. Un de ces souvenirs tellement ancré dans ma tête que je ne peux l’extraire.
Éric, Tracy et Rayen étaient constamment avec moi. Notre groupe se retrouvait tellement petit depuis le départ de Josh, Nathalie et Devon que nous étions devenus plus proches les uns des autres.
Rayen était là pour donner des conseils et pour percevoir lorsque l’un de nous n’allait pas bien. Éric et Tracy étaient là pour consoler et soutenir. Et moi … moi, je devais être la raison
principale des conseils et du soutien en question. Ils ne savaient pas pourquoi je n’allais pas bien et ils tentaient de me remonter le moral du mieux qu’ils le pouvaient. Enfin … je pense que
Rayen devait s’en doutait alors qu’Éric et Tracy se contentaient d’associer cela à ma rupture avec Nathalie. D’ailleurs celle-ci ne m’avait plus jamais adressé la parole. Elle s’était fait de
nouveaux amis et avait fait une croix sur moi. Ce n’était pas plus mal ainsi.
Pour la fin de l’année, un bal avait été organisé par le comité étudiant pour les plus jeunes, pour souligner la fin de notre première année. Éric et Tracy étaient très emballés par tout cela.
Rayen et moi n’y participions que par obligation.
Depuis peu de temps, un nouveau couple s’était formé dans la classe. Il s’agissait de Zoé et Josh. Cela avait surpris tout le monde. Le violent et impassible Josh avec la délicate et bavarde Zoé.
Personne ne comprenait vraiment ce qu’ils avaient trouvé l’un en l’autre, toujours est-il que leur amour, bien qu’étrange, semblait réel et fort. Cela avait eu une répercussion directe sur la vie
amoureuse de Rayen qui était resté seul jusque là. L’arrivée de Josh dans le groupe d’amies de Zoé en avait fait partir plusieurs, Tiffany la première. Et celle-ci avait commencé à se rapprocher
de Rayen progressivement. Elle venait même manger à notre table quelques midis et bien qu’avant elle m’avait sincèrement agacé, maintenant qu’elle ne m’aimait plus, je la trouvais vraiment sympa.
D’ailleurs, personne n’était vraiment indifférent à Tiffany. Elle embellissait avec le temps malgré la couleur verte qu’elle s’entêtait à garder sur ses cheveux. Elle n’était pas la plus belle
mais quelque chose dans sa personnalité attirait chaque personne qui la connaissait un peu. Rayen était littéralement tombé sous son charme et bien qu’il s’évertuait à le cacher, je l’avais bien
vu. Je lui en avais parlé une fois, après les cours, alors que nous étions tous deux installés à une table de la cafétéria.
« Tu l’aimes bien Tiffany, hein ? lui avais-je dit.
- … Oui, vraiment.
- Tu devrais lui demander d’aller au bal avec toi.
- C’est déjà fait.
- Et qu’est-ce qu’elle t’a répondu ?
- Elle y va avec moi.
- Et tu nous l’as pas dit ?! m’exclamais-je.
- Y a pas de quoi s’en vanter … Elle veut qu’on y aille en tant qu’amis.
- Ah … d’accord … désolé.
- Ce n’est rien. Je m’y attendais … même que je savais que c’était ce qu’elle allait me dire.
- Tu le savais … et tu lui as demandé quand même ?
- Je voulais me tromper …
- Tu ne te trompes jamais. »
Rayen détourna le regard, quelque peu irrité par ma remarque bien que je ne sache pas exactement pourquoi. En fait, à bien y réfléchir, ça devait être ennuyant pour Rayen par moment. Il devinait
tout. Rien n’était imprévisible pour lui. Et pourtant … je m’étais toujours dit qu’il devait être facile pour Rayen d’entretenir des rapports humains, amoureux ou amicaux. Cependant, ce n’est pas
parce qu’on comprend les autres qu’on peut aisément s’approcher d’eux. La relation que j’avais eue avec Devon en avait été la preuve. Rayen était un éternel taciturne, cela ne changerait pas.
« Je me suis trompé sur Devon et toi, dit-il en replongeant son regard dans le mien.
- Tu pensais quoi ? Qu’on allait se balader main dans la main à la parade gay peut-être ? ironisais-je
- Je pensais qu’il allait être un peu moins aveugle, voilà tout. Mais toi et lui vous êtes tellement stupides par moment, ça me sidère.
- C’est pas facile, m’emportais-je, un mec comme toi peut pas juger ça.
- Un mec comme moi ? Tu veux dire un mec hétéro ?
- C’est pas ce que je voulais dire ! Seulement, c’est tellement facile pour toi les sentiments … Tu les gères bien mieux que le reste de la population. Moi, j’ai fait une erreur avec Devon et
j’aurais pas dû m’aventurer de ce côté-là, ça ne me ressemble pas. Ce n’est pas moi.
- Au contraire, moi j’ai bien l’impression que c’est tout à fait toi. On dirait qu’il n’y a que Devon et toi pour ne pas comprendre que vous êtes fous l’un de l’autre. Même Tiffany l’a
compris.
- Tiffany ? T’es allé tout lui répéter en plus ?
- Je n’ai pas eu besoin de le faire. Elle le savait déjà. Même Éric n’est pas dupe. Vous passez votre temps à vous regarder en cours, et avant que vous ne cessiez complètement tout contact ces
trois derniers mois, vous passiez votre temps à chercher des excuses bidon pour vous parler. Juste à la manière que vous aviez de vous sourire et de vous regarder avec insistance, tout le monde
avait compris. Nathalie la première. Tu penses que personne ne s’en rend compte, Math … mais faudrait être aveugle pour ne pas comprendre ça.
- Tu te trompes sur toute la ligne, Rayen. Ok, je peux pas nier qu’il y a eu quelque chose entre Devon et moi mais c’était absolument rien. »
Le silence se fit. Rayen me fixait de ses grands yeux qui n’affichaient toujours aucune expression. Je ne savais pas s’il restait dubitatif face à mes propos ou s’il attendait que je finisse ce
que je disais. Toujours est-il que je continuais sur ma lancée.
« Je ne l’ai jamais aimé. Jamais. Je ne sais pas ce que les autres pensent ni ce que je donne l’air de penser mais y aura plus rien entre Devon et moi. Mes hormones devaient être déréglées,
quelque chose comme ça.
- Qui est-ce que t’essayes de convaincre ? Moi ou toi ?
- Toi, évidemment ! Moi, j’ai compris depuis bien longtemps. De toute façon, si j’avais dû aller vers un mec, ça n’aurait certainement pas été vers Devon.
- Tu t’enfonces, Math. Arrête, soupira Rayen en posant son front contre sa main d’un air affligé.
- Je me demande juste ce que les gens ont dans la tête. J’étais avec Nathalie pendant plusieurs mois quand même. Et elle, elle m’attirait vraiment ! Quand je regarde Devon maintenant, je me dis
que je devais être aveugle !
- Arrête, Math, reprit Rayen en secouant la tête, c’est ridicule. »
Je savais que j’étais ridicule, si pathétique que s’en était risible. Néanmoins, je ne cédais pas. Rayen n’avait aucun droit de remettre en question tout ce pour quoi je m’étais battu ces
derniers temps. J’avais abandonné Devon, je l’avais largué, je l’avais rejeté. Aujourd’hui, je ne pouvais qu’assumer ce choix jusqu’au bout, peu importe ce que lui, si sage et sensé, en
disait.
« Devon est imbu de lui-même, terriblement égoïste et trop immature. Il se retrouvait bien avec Faye sur ce point au moins. J’ai vraiment perdu mon temps avec cette histoire, continuais-je.
- Math… » commença Rayen