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Bienvenue


Bienvenue dans mon p'tit univers,

Je n'ai pas la prétention de dire que mes écrits sont réalistes, j'écris pour faire rêver et pour sortir de mon quotidien. Mon seul but est d'amener le lecteur faire un p'tit tout dans mon imaginaire très très gay.. 


Mes histoires :

 

May Angels Lead You In : 13 ans, une relation ambiguë avec le fils de l'employée de maison, une homosexualité refoulée, une famille chiante et une sensibilité de fille ... Mais que dire ? Ma vie n'est
pas conventionnelle et ne le sera probablement jamais, autant me faire à l'idée [Terminé]

Dark Waltz : 16 ans, une famille fantôme, un ex petit ami qui ne s'est pas résolu à sortir de mon coeur, une meilleure amie lesbienne et une relation d'amour/haine avec un danseur à la sensualité débordante . Aux dernières nouvelles, ma vie n'est toujours pas conventionnelle. [Prologue en cours d'écriture] [Suite de May Angels Lead You In]

Cap ou pas cap ? : Guillaume est un chirurgien réputé dont personne ne connait les faiblesses. Marié depuis longtemps avec Amandine, il ne peut la quitter maintenant qu'elle se déplace en fauteuil roulant. Mais quand Djamel vient briser sa carapace, tout change ... [2ième chapitre en ligne]

Tentation : Naoaki Torres, métis dans une société complètement nippone et issu d'une famille d'obsédés sexuels, s'amourache de Haru Sekisawa, père célibataire de dix-huit ans; arrogant et taciturne. Comme s'il n'était pas déjà assez en marge de la société ... [1er chapitre en ligne]


Projets / En cours d'écriture :


Légende Urbaine  : Lui ? Le Roméo de ces dames, le tombeur (malgré lui) par excellence. Un simple pari avec des amis chamboule son quotidien. Il doit faire craquer Isaiah, le grand taciturne que les rumeurs disent homosexuel. Mais Roméo se prend les pieds dans son propre piège et la situation tourne d’une drôle de manière … [1er chapitre écrit]


Au-delà Des Montagnes : Le village de Kahan recueille un jeune garçon dont on confie l’éducation à Yohan, combattant prometteur de sa génération. Le plus jeune s’amourache de son aîné pour qui il voue une admiration sans bornes mais bientôt, l’élève dépasse le maître et la séparation est imminente … [2ième chapitre en cours d'écriture]


Fics en arrêt :

Forbidden Love : Le plan d’un élève, Faye Lind, qui tente d’avoir des relations sexuelles avec son professeur de français, Derek Eyston, afin de pouvoir l’accuser de viol et de détournement de mineur pour toucher l’argent du procès. [1er chapitre disponible]

Atteindre une étoile : Alexis est susceptible, colérique et taciturne. Benjamin est enjoué, souriant et créatif. Malgré leurs différences, ils forment un couple depuis plus de deux ans. Lorsque le talent d’acteur de Benjamin est repéré et qu’il est admis dans une école de théâtre à l’autre bout du pays, Alexis comprend qu’il sera dur de garder son petit ami... [1er chapitre disponible

 

 

Les mises à jour seront faites ... au gré de mes humeurs XD
Plus sérieusement, je vais essayer de pas accumuler les retards quand même mais il y a toujours une fic sur laquelle je travaille plus que sur les autres.

 

Bises à tous et bonne lecture.

 

Miyuki Lee

 

Lundi 22 décembre 2008

Joyeux Noël à tous ... Comme cadeau, mon chapitre beaucoup plus tôt que d'habitude ;)
Ok, on se quitte sur une note pas très joyeuse pour le temps des fêtes ... mais bon ...
Ce chapitre est l'avant-dernier de la première partie de mon histoire ;)
Je garantie rien (vu mes retards toujours ... hum ... gigantesques) mais normalement, je devrais être capable de terminer le chapitre 12 d'ici une semaine ou deux mais encore une fois, je ne garantie vraiment rien.

Bisous à tous, bonne lecture et profitez bien du temps des fêtes -x0x-

Nous étions au mois de mars, un mois et quelques jours s’étaient écoulés depuis l’après-midi que j’avais passé avec Devon, le jour de la St-Valentin. Depuis, peu de choses avaient évolué. Ma relation avec Nathalie en était toujours au même point. Techniquement, nous étions encore un couple mais ces derniers temps, je m’étais détaché d’elle plus que jamais auparavant. Je savais que cela l’affectait énormément mais je ne pouvais faire autrement … Enfin, peut-être y avait-il une manière d’agir dans de telles circonstances … mais je savais que peu importe la manière dont j’agirais, je lui ferai du mal. Mieux valait ne rien faire tant que je ne saurai pas exactement ce que je voulais.

 

Quant à Devon et moi, c’était une histoire compliquée … et nous étions si bien l’un avec l’autre que nous n’osions pas en parler, de peur de ternir la magie qui s’était installée entre nous. Le soir, il venait me rejoindre dans ma chambre, on passait souvent la nuit ensemble. Au début, ça avait été pour combler le désir constant et insatiable qu’on avait l’un de l’autre. Après, on s’était calmés … pas parce qu’on ne se désirait plus … mais plutôt parce que ça devenait suspect. Mon frère était venu me voir un matin, un sourire en coin. Il m’avait dit que mes rêves devaient être vraiment chauds pour que je fasse tant de bruits la nuit. Devon avait continué de se glisser dans ma chambre en douce le soir mais on s’était contentés de dormir, même si au début, ça n’avait pas été facile. À l’école, on restait discrets. On y allait ensemble le matin et on rentrait ensemble le soir mais durant la journée, on sauvait les apparences en se parlant autant qu’avant, c’est-à-dire pratiquement jamais. Je ne savais pas ce qu’on était exactement, ni ce que Devon attendait de moi. Comme je l’ai dit, nous ne parlions jamais de cela. Et même si cela nous laissait dans la confusion, je ne pouvais m’en plaindre. Je me sentais mieux qu’avant, plus vivant.

 

Éric et Tracy étaient toujours ensemble et tentaient de jouer les thérapeutes conjugaux entre Nathalie et moi. Leur couple allait si bien qu’ils ne pouvaient supporter le fait que le nôtre soit en échec. Ils organisaient souvent des sorties à nous quatre pour tenter de resserrer les liens entre Nathalie et moi, en vain. Rayen devait être le seul au courant de ce qui se déroulait entre Devon et moi … Enfin, je n’en étais pas certain. Mais il était très intelligent … même trop des fois. Il devinait tout sans qu’on ait à lui dire quoi que ce soit, comme s’il pouvait lire dans nos pensées. Ça en devenait effrayant des fois. Devon me disait qu’il était simplement très observateur. Il ne disait presque rien, se contentait de regarder les gens et leur comportement. À la fin, il avait fini par comprendre chacune de leurs attitudes. Et je me doutais bien qu’à ses yeux, il devait être évident que notre relation était passée à un stade supérieur. Néanmoins, je n’osais pas lui demander.

 

Cette journée-là fut spéciale à tous points de vue, particulièrement chargée d’émotions. Mon frère dormant chez un ami, j’avais pu passer la nuit avec Devon à faire des choses peu catholiques. À vrai dire, nous n’avions pas dormi de la nuit et le lendemain je fus extrêmement fatigué. Sur l’heure du midi, je m’endormis même la tête posée entre mes bras croisés. Je trouvais étonnant que Devon soit en pleine forme, montrant autant d’énergie que d’habitude alors que j’étais complètement épuisé. Je ne me rendais pas compte de ce qui se passait autour de moi, autrement, j’aurais remarqué le changement d’attitude de Nathalie. Elle avait été triste toute la journée, ne souriait ni ne riait. C’est en fin de journée qu’Éric vint me voir pour me dire que j’avais été odieux de ne pas montrer la moindre attention à Nathalie alors que celle-ci n’était pas dans son assiette. Il m’obligea carrément à aller lui remonter le moral.

Il pleuvait des cordes ce jour-là, la pluie faisait un boucan assourdissant dehors.  Je voyais Nathalie, habillée de son imperméable rouge et de ses bottes en caoutchouc noir. Elle se tenait sous l’abribus, les cheveux ondulant à cause de la pluie qui les avait entièrement trempés. Je pris mes affaires et courus jusqu’à elle, soucieux malgré tout de son état. À mon arrivée, elle n’eut pas cet habituel sourire qui illuminait son visage lorsqu’elle me voyait, seulement l’ombre d’un étirement de lèvres, une sorte de sourire triste, amer. Je la toisais d’un regard inquiet.

« Ça ne va pas, hein ? demandais-je

- Pas vraiment, m’avoua t’elle.

- Raconte. Qu’est-ce qui ne va pas ?  

- Math … Ça fait combien de temps qu’on est ensemble ?

- … Environ quatre mois.

- C’est beaucoup, hein ... ?

- Oui, quand même …

- Et pendant ce temps-là … est-ce que tu m’as vraiment aimée ? Je veux dire … en amour ?

- … Oui, bien sûr.

- Est-ce que tu te rappelles quand on était dans la remise après le cours d’éducation physique, quand Devon s’était fait mal ?

- Vaguement …

- C’est drôle mais … tu m’as jamais plus regardée comme tu m’as regardée dans ce temps-là … comme si tu me trouvais belle, je veux dire vraiment belle.

- Tu es belle, Nathalie. Tu le sais très bien.

- C’est pas la question, Math. Le truc, c’est que notre relation, elle me fait souffrir. J’ai l’impression d’être comme Zoé ou Tiffany. Je m’accroche à toi mais … je sais que ce n’est pas ton cas et que tu ne m’as jamais vraiment aimée. Je me trompe ?

- …

- Tu peux me dire la vérité, tu sais … je m’y suis préparée. Et puis, après tout ce qu’on a vécu ensemble, tu me dois bien ça. Je serai pas fâchée, Math …

- Tu es l’amie … la plus précieuse que j’ai eue … et je t’aime énormément mais je ne sais pas si c’est de l’amour, Nath … J’en sais rien.

- Je comprends … mais moi, tu vois, je suis sûre de mes sentiments. Je t’aime Math et je t’aime assez pour te laisser partir … parce que je sais que ça t’étouffe cette relation.

- Je suis désolé, Nath … vraiment désolé.

- Ça va, c’est bon. C’est juste que … je ne pense pas que je me sois trompée quand je t’ai dit que t’étais gay … quand on était dans la remise, après le cours d’éducation physique.

- Non, ce n’est pas ça. Ça n’a rien à voir.

- Tu n’aimes pas Devon alors ? me demanda-t-elle calmement.

- … Non, pas du tout.

- S’il te plaît, Math … Je te demande juste la vérité, pour une fois.

- … Peut-être … peut-être bien que oui mais … c’est compliqué. Garde ça pour toi s’il te plaît. Je sais que t’as du mal à garder les secrets … et que tu dois m’en vouloir … mais je sais plus ce que je ressens et ce qui se passe dans ma vie, Nath. Je suis confus et j’veux pas que ça se sache.

- T’en fais pas, je garde ça pour moi.

- Je suis sincèrement désolé … pour tout ça.

- C’est correct, ça va. Mais pour l’instant, je préfère qu’on s’éloigne un peu.

- Je comprends. »

Je regardais Nathalie, son visage s’efforçant d’être impassible et ses yeux tentant de garder les larmes qu’elle ne voulait pleurer. Il me fallait partir.

Je m’éloignais, gagnais peu à peu la route menant à mon domicile. Je ne voulais pas prendre le bus. Je voulais marcher. Je sentais quelque chose de brisé en moi. Je ne savais pas ce qui se passait, ce qui faisait en sorte que j’avais envie d’hurler, de pleurer. J’avais dit à Nathalie que j’aimais Devon, que c’était compliqué … et ça avait tout déclenché en moi. Une boule s’était formée dans ma gorge, mon estomac s’était noué et mes larmes avaient tenté de jaillir de mes yeux. Était-ce le fait de l’avouer qui m’avait mis dans cet état ? Oui, peut-être bien … avouer que j’étais pas comme les autres, que c’était compliqué, tellement compliqué, trop compliqué. Je ne savais même pas ce qui se passait entre Devon et moi. Je ne savais même pas ce qui en était de moi. Qu’est-ce que j’étais ? Qu’est-ce que je voulais ? Qu’est-ce qui m’arrivait ? Le dire, ça avait déclenché un ouragan d’émotions en moi … Le dire, c’était avouer que mes problèmes étaient bien réels. En plus, à ce moment où tout s’écroulait, je ne pouvais pas compter sur la présence de ma meilleure amie, Nathalie ...

Je marchais, marchais, réfléchissais. Je sentais un vide énorme s’ouvrir en moi. J’avais perdu Nathalie et j’avais l’impression que Devon n’était pas vraiment mien. Peut-être que pour lui, c’était simplement physique entre nous. Peut-être que Rayen se trompait et qu’il ne m’aimait pas vraiment. Qu’est-ce que j’en savais ? Si je lui en parlais, je risquais de le faire reculer, je risquais de perdre la relation étrange qu’on entretenait en ce moment. Et si je perdais ça, je perdais tout ce que j’avais, tout ce qui me tenait à cœur.

La rue était déserte et le silence était comblé par le bruit de la pluie, de plus en plus fort. J’avais froid et j’étais complètement trempé. Mais je n’y accordais pas vraiment d’importance. Je n’avais pas envie de rentrer chez moi, d’ailleurs je ne saurais pas vraiment quoi y faire. Je voulais avancer le temps et pouvoir dormir dans les bras de Devon, trouver du réconfort à la chaleur de son corps. Bon sang … je devenais tellement sentimental et vulnérable quand j’étais triste.

Je sursautais en sentant des mains sur mes hanches, en me retournant, je vis Devon, l’air complètement essoufflé. Je ne l’entendais pas respirer fortement (faute de la pluie) mais je le voyais tenter de reprendre son souffle. Il dut parler assez fortement pour que je l’entende :

« Je t’ai couru après pendant presque dix minutes ! s’exclama t’il. Je criais et tu m’entendais même pas !

- Désolé, murmurais-je.

- Quoi ?

- Désolé ! dis-je plus fortement.

- Pourquoi t’as pas pris le bus ?

- … Je sais pas.

- Ça va pas, Math ?

- … Je sais pas.

- …

- …

- J’peux te prendre dans mes bras ?

- Non.

- À la maison ?

- Ok … »

Par Miyuki Lee - Publié dans : May Angels Lead You In
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Dimanche 23 novembre 2008

Deux jours plus tard, nous étions le 14 février, l’école était entièrement décorée de rouge et de rose. Il restait environ une demi-heure avant le commencement des cours et j’errais dans les couloirs avec Nathalie qui me montrait fièrement les décors qu’elle avait créés pour l’occasion. Sa compagnie n’était pas désagréable. Je l’aimais beaucoup … Bien sûr, ce n’était rien de comparable à ce que j’éprouvais pour Devon … mais elle était l’une de mes meilleures amies et si j’avais eu à partager mes secrets par rapport à Devon avec quelqu’un, ça aurait été avec elle. Malheureusement, la situation n’était pas propice à ce genre de confessions.

 

Et puis de toute façon, il fallait que je tire un trait sur Devon … et que je me concentre sur ma relation avec Nathalie … J’étais proche d’elle, j’avais des sentiments très forts à son égard … Je l’aimais … enfin, j’essayais de m’en convaincre. Après tout, elle était magnifique, intelligente et drôle. Rien ne pouvait m’empêcher de tomber amoureux d’elle … Mis à part Devon.

« … Là, le cœur en haut des casiers, c’est moi qui l’ai fait avec Rose. On s’est donné un mal de chien pour ça. » disait-elle en me pointant le décor.

Je ne regardais pas le cœur fait en papier de construction. Je regardais son visage. Sa peau au teint pâle, ses yeux bridés et ses lèvres fines. Je posais mes mains sur ses épaules et la poussais délicatement contre le casier le plus proche. Je déposais mes lèvres contre les siennes et l’embrassais … Je n’en avais pas envie … pas spécialement … Mais j’essayais, ne serait-ce que pour lui prouver que je l’aimais … que j’allais l’aimer. Je laissais mes mains descendre sur ses hanches puis vers son dos. Je ne rompis pas le baiser, j’y mis plus d’intensité. Elle tremblait sous mes mains. Je ne l’avais jamais embrassée ainsi. Elle avait toujours pris les initiatives … Il s’écoula quelques minutes durant lesquelles nos langues bataillèrent puis je terminais le baiser et l’embrassais sur le front. Nathalie se serra contre moi, elle semblait plus heureuse que jamais.

 

« Je t’aime, murmurais-je à son oreille, je ne veux pas te perdre.

- Tu ne me perdras jamais, Math. J’aurais pas dû m’énerver contre toi ces derniers temps, je suis désolée. Je t’aime. »

Voilà qu’elle s’excusait … alors que c’est moi qui avait joué au con. J’étais dans ses bras, j’entendais son cœur battre dans sa poitrine … et je me rendais compte que mon propre cœur n’y était pas … comme absent du moment. J’aurais voulu l’entendre battre à la chamade comme lorsque Devon était près de moi. J’aurais voulu trembler et sentir mon corps se réchauffer … comme lorsque j’avais embrassé Devon. Mais je me rendais compte que c’était purement impossible. Je n’aimais pas Nathalie. L’amour ne se commandait pas. J’avais beau attendre un miracle, je savais que j’attendais en vain. Ça me rendait malade. J’avais de l’affection pour Nathalie … ça ne dépassait pas ce stade et ne le dépasserait jamais malheureusement. Pourquoi tout était si compliqué ?

 

À ce moment, je vis Éric et Rayen arriver à ma gauche. Je m’éloignais quelque peu de Nathalie pour les saluer. Éric avait sa lettre en main. Je supposais qu’il était prêt à nous la réciter pour la énième fois.

 

« Salut, les tourtereaux, s’écria Éric, en forme ?

- Ouais, super, répondis-je, t’as terminé ta lettre ?

- Oui ! Tu veux l’entendre ?

- Sans façon, merci. 

- Eh, moi j’veux l’entendre, dit Nathalie en souriant.

- Ok, ma belle. Écoute bien ce chef d’œuvre. Jamais un mec n’aura écrit quelque chose d’aussi beau pour la St-Valentin. » répondit Éric.

Il se racla la gorge puis un sourire de fierté se forma sur ses lèvres. Je bâillais à l’avance, ce qui me valut un coup de coude sur le bras de la part de ma copine. Éric entama tout de même sa lettre d’une voix douce :

 

« Tracy … t’es la seule fille dans le monde entier qui me donne la sensation que j’pourrais déplacer des montagnes dans le seul but de te faire rire ou sourire. J’aime entendre ta voix et j’aime quand ton regard se plonge dans le mien. Je te jure que des ces moments, tout le reste disparait. J’voulais te le dire depuis longtemps et tu vois, j’ai jamais eu le courage avant aujourd’hui : Je t’adore, je t’aime. Et j’aimerais tant que ce soit réciproque car crois-moi que mon pauvre cœur mourrait d’un rejet de ta part. »

 

Il nous regarda ensuite, guettant nos réactions. Nathalie l’applaudit et je fis de même, pour la forme. Ce n’était pas trop mal … dégoulinant de romantisme et affreusement mièvre mais pas trop mal.

« Tu te débrouilles comme un chef, mentis-je en esquissant un sourire.

- C’était magnifique ! dit Nathalie. Elle va craquer, crois-moi.

- Merci, c’est gentil. En tout cas, je vais aller attendre Tracy pour lui donner ma lettre. Je voudrais pas qu’un autre mec lui fasse une déclaration avant moi. »


Il partit en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Rayen nous regarda en haussant les épaules, l’air de dire qu’il avait du mal à comprendre ce genre de mec qui se donnait tant mal pour ça. Il nous suivit par la suite pendant que Nathalie continuait de nous présenter ses décorations.

 

J’avais l’esprit occupé par tout un tas de chose. Je me disais que peu importe mes sentiments pour Nathalie, il ne fallait pas que je la quitte, pour des raisons pratiques. Tout d’abord, la présenter à mes parents ôterait les doutes de ceux-ci quant à mon homosexualité. Et deuxièmement, lui briser le cœur ne me faisait pas vraiment plaisir. C’était la dernière chose que je souhaitais faire. Et avec un peu de chance, elle cesserait de m’aimer dans quelques mois. Ce n’était pas très honnête, je le reconnais. Néanmoins, ne dit-on pas que ce qu’on ne sait pas ne peut pas nous faire de mal ? J’étais entièrement d’accord avec ce proverbe. Ma situation actuelle ne me rendait pas heureux mais elle ne me rendait pas non plus malheureux. Je préférais ne rien y changer.

 

La journée passa assez vite. Je fis preuve de plus de tendresse envers Nathalie, allant jusqu’à la raccompagner après les cours jusqu’à chez elle. Il fallait que je marque le coup pour la St-Valentin, c’était la moindre des choses.

Éric avait donné sa lettre à Tracy et naturellement, celle-ci lui avait sauté au cou. Ils nous avaient bombardés de leurs roucoulements de couple amoureux toute la journée, prévoyant les sorites de couples que nous ferions, eux, Nathalie et moi. Cette perspective était très loin de m’enchanter mais je n’avais fait aucun commentaire.

 

J’étais rentré chez moi, j’avais appelé Nathalie pour m’assurer qu’elle allait bien et pour lui dire quelques mots d’amour puis j’étais allé dans ma chambre. En temps normal, j’aimais être dans cette pièce. À cet instant, j’aurais préféré être ailleurs. Pour la simple et bonne raison que ma chambre était à côté de la chambre de mon frère et qu’il était très facile de deviner ce qu’il faisait avec une fille quelconque à cet instant, à en juger par les gémissements et le lit qui cognait contre le mur. Bon sang … heureusement que les parents n’étaient pas rentrés. Ces deux là faisaient un tel boucan …

 

Je m’installais à mon bureau, sortis mes devoirs de français et tentais de me concentrer, sans succès. Fallait-il que je change de pièce ? Que je tape à la porte de la chambre de mon frère en lui criant de faire moins de bruit ? Non … tout de même … je tenais à la vie.

 

Je me demandais ce que Rosabelle pensait de tout ça. Après tout, elle ne devait pas être loin, en train de faire du ménage. Allait-elle tout dire aux parents une fois que ceux-ci seraient rentrés ? Ou allait-elle garder le secret de peur de les choquer ? Peu importe … après tout, mes parents étaient au courant que mon frère avait une vie sexuelle active …

 

On frappa à ma porte, quelques coups furtifs. Je devinais Rosabelle, les traits confus et le regard fuyant, me demandant si ce boucan allait se terminer avant que les parents rentrent et s’il fallait qu’elle avertisse discrètement mon frère.

 

« Entrez ! » dis d’une voix forte.

 

La porte de ma chambre s’ouvrit et se referma aussitôt, laissant à peine le temps à quelqu’un de passer. Je levais la tête de mes devoirs … mon stylo me glissa d’entre les doigts, tomba à terre … bang

 

Devon se tenait devant moi. Aucun sourire. Aucune expression. Je n’eus pas le temps de réagir de toute façon. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Devon s’était assis sur moi, face à moi et avait plaqué ses lèvres contre les miennes, brusquement, avec véhémence. Je sentis tout mon corps trembler, trembler comme jamais auparavant et mes joues rougir et s'enflammer. Je ne pris pas le temps de penser, pas le temps de réfléchir. Je répondis à son baiser, avec toute la passion que j’avais contenue ces derniers mois. J’enroulais mes bras autour de lui et passais ma langue sur ses lèvres, en forçais le barrage (sans qu’il n’y mette vraiment de résistance). Ma langue batailla avec la sienne pendant que mes mains s’attardaient à caresser son dos, à le serrer plus fort contre mon corps. Je me demandais un court instant si ma chaise de bureau allait résister sous notre poids mais comme répondant, à mon interrogation silencieuse, Devon se leva, m’entraînant avec lui sans rompre le baiser et emprunta un court chemin jusqu’à mon lit. Il me plaqua dessus avec ferveur et étala son corps contre le mien, plus proche encore que nous ne l’avions jamais été. J’enroulais à nouveau mes bras autour de lui pour le serrer derechef contre moi et je sentis son cœur … son cœur battre dans sa poitrine, au même rythme que le mien. Devon posa ses mains sur mes hanches puis remonta, débuta à déboutonner ma chemise. Je sentis bientôt ses mains froides caresser mon torse, se poser contre mon cœur pour sentir ses battements. J’avais chaud tout d’un coup, vraiment chaud. Il m’ôta ma chemise, la jeta à terre et rompit notre baiser pour me regarder, furtivement, cherchant à savoir si le désir étincelait dans mes prunelles autant que dans les siennes … Il eut sa réponse … et débuta à embrasser mon cou, mes oreilles puis mon torse … tout en descendant doucement … lentement … puis …

 

Bzzzzzzzzzzzz…

 

Bon sang ! Mon portable qui vibrait dans la poche de mon pantalon ! Interlocuteur de merde ! Il avait bien choisi son moment celui-là ! Je glissais ma main dans ma poche puis sortis mon portable que je collais à mon oreille. Devon avait le menton appuyé sur mon ventre, l’air perplexe, attendant patiemment la fin de mon appel téléphonique.

 

« Allo ?

- Math, c’est Nathalie !

- Ah … salut Nath. »

À l’entente de son prénom, je vis un sourire s’étier sur les lèvres de Devon. Tout d’un coup, il reprit son activité sans se soucier de mon appel en cours. Il releva la tête jusqu’à mon cou pour l’embrasser, doucement, en profitant pour tenter de me faire un suçon. Je n’osais même pas le repousser. Il fallait déjà que je contienne les gémissements qui étaient sur le bord de s’échapper de mes lèvres.

 

« Je voulais te dire que j’avais vraiment adoré ma journée avec toi, Math. Je suis vraiment heureuse qu’on soit ensemble.

- Moi au… ssi, Nath, répondis-je en retenant un gémissement in extremis.

- J’ai vraiment confiance en toi, Mathéo … et en fait, je voulais te dire quelque chose de très important.

- …

- Tu m’écoutes ?

- Oui … »

Non, pas du tout.

Devon descendait à nouveau, embrassant mon torse puis défaisant ma ceinture de ses mains. Je déglutis difficilement, tentant de le retenir de ma main libre, sans succès.

« … Je voulais que tu sache que si tu voulais que notre relation devienne hum… comment dire … plus sérieuse … eh bah … je suis prête … »

Bon sang, là, il allait vraiment trop loin ! J’avais beau essayé de l’arrêter, je ne pouvais pas. Non seulement, je n’avais qu’une seule main pour le repousser mais en plus, je n’avais aucune envie de le repousser. Je voulais juste raccrocher ce putain de téléphone et profiter un maximum de ce qui m’arrivait à ce moment même.

« Hum Math … t’as compris ?

- Ah euh … ah … oui, je veux dire …. C’est super, Nathalie.

- C’est tout ce que ça te fait ?!

- Écoute, j’peux pas vraiment te … parler … p … pour le moment … mon frère hum … il a fait une … gaffe. Je te rappelle, désolé. Bye. »

Je raccrochais rapidement mon portable et l’envoyais valser contre le mur, peu soucieux des dégâts que j’avais pu faire. Je ramenais le visage de Devon jusqu’à moi et repris notre baiser tout en déboutonnant à mon tour sa chemise.

 

Au diable mes résolutions, au diable Nathalie et au diable ce qui allait arriver par la suite. Je voulais Devon, point. Le reste n’avait plus aucune importance.

Par Miyuki Lee - Publié dans : May Angels Lead You In
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