Salut les gens
^^ ! Merci énormément pour tous vos commentaires, je suis contente de voir que le début de mon histoire est apprécié. Pour
Lilly, je ne sais pas
trop si mon style d'écriture a changé ... Dur de juger par soi-même
n.n''. Dans tous les cas, j'espère simplement que c'est un changement positif
^^. Pour
sakura, j'ai publié
Cap ou pas cap sur
FictionPress depuis un petit bout de temps déjà mais cette fic qui devait comporter trois chapitres n'en
a que deux et je n'ai pas vraiment été inspiré pour la suite ... autant ne pas mettre une énième fic inachevée ici. Mais bon, dès que je saurai exactement comment terminer tout ça, je publierai. Et
puis, oui, évidemment que Devon va revenir dans cette histoire
^^ plus tôt que tu ne pourrais le penser d'ailleurs ! À tous, merci de vos encouragements, je suis contente de savoir
qu'Eddie est apprécié puisqu'il est là pour rester
;) Bref, bonne lecture !
Depuis ma séparation d’avec Devon, mes songes étaient le reflet de ce présent avec lui que je n’avais jamais pu connaître.
Bien que certains gardaient la fantaisie et le surréalisme propres aux rêves, d’autres étaient réalistes au point de se confondre avec la vérité de mon existence actuelle. Cela me déconcertait et
me plongeait dans une sorte de mélancolie que mon entourage apparentait à cette manière que j’avais d’être toujours si renfermé. John Mayer disait dans l’une de ses chansons que lorsqu’on rêve
avec un cœur brisé, le plus difficile est de se réveiller. Il n’avait pas tort. Il y avait de ses journées où j’aurais préféré y rester et rêver le présent que je voulais tant. Je n’étais pas
constamment malheureux contrairement à ce que l’on pourrait croire mais l’amour était un manque dans mon existence, un sentiment dont j’avais besoin mais auquel je n’avais plus accès. D’un côté,
Devon était toujours en possession de mon cœur et d’un autre, je n’étais pas en mesure d’envisager une relation durable avec un autre. Je crois que j’étais beaucoup trop apeuré par les autres en
question. Je ne pouvais offrir à un garçon la confiance que nécessitait une relation sérieuse tant j’avais peur de m’attacher à lui et de souffrir. Je m’étais brûlé à l’amour une fois et je
n’avais plus été capable de l’aborder à nouveau.
C’est ce qui fît que la potentielle relation amoureuse qu’Edward avait entrevue ce matin-là s’était effondrée aussi facilement qu’un château de cartes. Mon passé me poursuivait encore et ma peur
du présent me laissait indifférent à l’amour des autres. Edward n’avait rien à se reprocher, loin de là. Mais ce matin-là, il se retrouva face à un mur et la déception que je lus sur son visage
me marqua tant elle était profonde. Pas sa déception par rapport à ce que j’étais mais sa déception par rapport à lui, à ce qu’il n’avait pas su faire pour me retenir.
Quand je m’étais réveillé, le corps de mon amant contre le mien, je m’étais cru dans mes songes, dans ces rêves qui m’apportaient la sensation de Devon, de sa chaleur et de la douceur de sa peau.
Une fois mes yeux ouverts sur la peau si foncée d’Edward et sur ses traits tellement différents, je m’étais senti comme trahi par mes propres sens. Ce corps pourtant si parfait me dégoûtait. Il
avait le défaut de ne pas être celui de mon ex petit ami. Ce devait être la première fois que je me réveillais au côté de quelqu’un d’autre et ça me mettait mal à l’aise. Edward se réveilla à peu
près au même moment que moi et je tentais de garder mon calme, de me montrer moins énervé que je l’étais à l’intérieur.
Il s’étira, se tourna vers moi puis chercha mon regard du sien. La tendresse portée dans ce simple contact visuel me rendait d’autant plus mal à l’aise. Je regrettais mes agissements d’hier et me
demandais ce qui m’avait poussé à agir ainsi.
« Mathéo, murmura t-il avec un sourire amusé au coin des lèvres.
- Edward, répondis-je sur le même ton sans parvenir à imiter son sourire.
- Eddie, me corrigea-t-il, je n’aime pas ce prénom …
- J’aurais dû m’en rappeler, soupirais-je, désolé. »
Edward se redressa légèrement sur le canapé où nous étions tous deux allongés et son regard se fit plus inquiet que tendre, comme s’il avait perçu le malaise dans mes yeux.
« Quelque chose ne va pas ? me demanda-t-il aussitôt.
- Juste que … Je sais pas, je regrette pour hier.
- C’est la première fois que tu couches avec quelqu’un dès le premier soir ? me demanda-t-il.
- Non … mais c’est la première fois que je me réveille avec quelqu’un avec qui j’ai couché dès le premier soir.
- Je vois … Tu aurais préféré te réveiller avant moi pour pouvoir t’éclipser sans que je m’en aperçoive ? me dit-il sur le ton de l’affirmation.
- Non … enfin, je ne sais pas. Écoute, je suis un cas désespéré sur le plan amoureux. Je ne sais pas ce que je veux et j’ai une tendance grave à agir sur des coups de tête. Je ne pense pas
vouloir aller plus loin …
- Je ne te l’ai pas proposé, répondit-il d’un ton sec, je ne vais pas m’attacher davantage si tu collectionnes les coups d’un soir.
- Je ne suis pas ce genre de mec …
- Comment pourrais-je le savoir ? Je ne te connais pas.
- Je sais bien … Peu importe, je suis désolé. »
Je me levais difficilement tant mon corps était courbaturé à cause de la position fort inconfortable dans laquelle je m’étais endormi et à cause de la dureté du canapé. Mes vêtements étaient
éparpillés aux quatre coins de la pièce et je les repérais rapidement pour ensuite les enfiler sous le regard d’Edward que je devinais mêlé de déception et de mépris. Je m’apprêtais à sortir de
la pièce lorsque la voix de mon amant s’éleva derrière moi :
« Mathéo, attends. » dit-il d’un ton calme.
Je me retournais lentement vers lui, m’attendant à recevoir une série de reproches sur mon comportement déplorable.
« Après-demain, je présente un numéro de danse contemporaine à la même place. Si le cœur t’en dit, viens me voir. Après tout, il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis. »
J’hochais la tête avec peu de certitude tout en me retournant pour sortir de la pièce. Je savais pertinemment que j’allais rester un idiot sur ce coup-là.
*
Claudia et Tiffany étant parties depuis bien longtemps déjà, je me retrouvais dépourvu de véhicule de retour. Appeler un
taxi était hors de mes moyens et les batteries de mon portable étaient à plat, il fallait donc que je marche jusqu’à l’arrêt de bus le plus proche qui devait être à deux kilomètres environ. Un
soleil de plomb s’abattait sur ma tête et j’étais épuisé. La marche jusqu’à l’arrêt de bus s’avéra donc une tâche fastidieuse qui me demanda toute l’énergie que je possédais encore. Le quartier
était beaucoup plus calme que la nuit précédente, il n’avait plus l’énergie qui me plaisait tant. Seuls les bistros que ma route croisait parfois semblaient animés. Les rues étaient à peu près
vides et le peu de gens que je voyais ne possédaient pas la plénitude qui les avait animés la veille. Je marchais de mes jambes engourdies et quand j’arrivais après une demi-heure de marche, je
me laissais tomber à terre, trop fatigué pour me tenir sur mes jambes plus longtemps. J’aurais pu m’endormir sur place si je n’avais pas eu à guetter
l’autobus qui arriva quelques minutes plus tard.
Une fois assis dans le véhicule, je me laissais aller au sommeil réparateur qui me manquait tant. De toute façon, je m’arrêtais au terminus, il m’était impossible de manquer mon arrêt. Je me
laissais donc bercer par le rythme imposé par l’autobus et appuyais ma tête contre le dossier de mon banc.
Je me réveillais un peu avant l’arrivée de l’autobus au terminus qui se situait à quelques pas de ma demeure. Je descendis du véhicule, le corps encore emmitouflé du sommeil qui m’avait habité et
la bouche pâteuse. Il me fallait arpenter quelques rues encore mais la force n’y était pas. Je décidais donc de m’asseoir un peu, le temps de retrouver complètement mes esprits. Tandis que je
sortais peu à peu de mon état comateux, un sentiment profond d’amertume s’intensifiait en moi et me rappelait la manière immonde dont j’avais traité mon amant d’une nuit. D’un côté, je ne
regrettais pas de lui avoir avoué que je n’entrevoyais pas d’avenir pour notre couple potentiel mais d’un autre, j’étais découragé par le blocage que mon cœur s’évertuait à effectuer chaque fois
que je me rapprochais de quelqu’un dont j’étais susceptible de tomber amoureux. J’avais aimé passer la nuit avec lui car physiquement, on s’accordait de manière fusionnelle, répondant avec
exactitude aux désirs de l’autre comme si nous nous connaissions déjà depuis de nombreuses années. Je n’avais jamais connu cela auparavant, je n’avais jamais eu la force de faire preuve d’autant
d’assurance dans une relation charnelle. Mais le désir que j’avais ressenti ce soir-là dépassait tout ce que j’avais pu imaginer auparavant. Le corps d’Edward Malik m’avait attiré aussi
facilement qu’un aimant et m’avait poussé à me dépasser complètement. Seulement, ce n’était que du désir, aussi fort soit-il. Et le désir n’était pas vraiment une base pour une relation durable
car il s’estompait au fil du temps. Je ne connaissais d’Edward que son corps, pas son caractère, pas sa manière d’agir, pas son passé, seulement son corps. Ce n’était pas suffisant et je n’avais
pas la volonté de le connaître autrement. Pas encore.
Le soleil brillait toujours aussi fort et lorsqu’une part d’ombre me rafraîchit de sa chaleur, je pris conscience du monde qui m’entourait et que j’avais oublié tant mes pensées m’occupaient. Je
levais les yeux vers la silhouette qui me faisait face et me bloquait de la lumière solaire. Une femme d’une vingtaine d’années se tenait devant moi, un sourire timide étirait ses lèvres fines et
ses yeux me scrutaient de manière curieuse et émue à la fois. Je ne sais pas si la fatigue embrouillait mes sens ou si mes yeux avaient été trop aveuglés par le soleil un peu avant, toujours
est-il que je mis quelques secondes pour reconnaître son visage et ses traits harmonieux. Néanmoins, ma réaction fut immédiate lorsque mon esprit fit le lien entre cette femme et Shana : je
me jetais à son cou.
Shana … ma seconde mère en quelque sorte. L’employée de maison que mes parents avaient engagée neuf ans auparavant et qu’ils avaient renvoyée la veille de mon entrée au collège. Pendant près de
cinq ans, elle avait prêté une oreille attentive à mes problèmes enfantins, elle m’avait materné et aimé comme une véritable mère l’aurait fait. Elle faisait partie de mon passé, avait contribué
à faire de moi ce que j’étais aujourd’hui. L’émotion qui me traversait à ce moment même était indicible. J’étais heureux et tellement ému à la fois. Je la serrais contre moi comme j’avais tant
rêvé de le faire pendant une majeure partie de ma première année de collège. Elle m’avait énormément manqué et je n’avais jamais vraiment songé que le fait de la revoir était une éventualité. Je
la croyais partie du pays, définitivement hors de mon existence. Cela devait faire près de quatre ans qu’elle m’avait quitté.
Ses bras s’étaient posés sur les miens, m’avaient éloigné d’elle le temps qu’elle regarde attentivement mon visage puis m’avaient à nouveau attiré contre son cœur tandis que des larmes roulaient
sur ses joues.
« Mathéo ! souffla-t-elle à mon oreille. Tu as tellement grandi ! Bon sang, tu es plus grand que moi maintenant ! Tu es devenu tellement beau ! Je suis si contente de te revoir ! »
Elle me serra contre elle à m’en étouffer et je restais sans voix tant ma gorge était nouée par l’émotion qu’une telle surprise m’apportait. Nous restâmes enlacés un long moment avant de se
séparer, de se regarder et de repérer tous les changements que le temps avait apportés à nos visages respectifs. Par la suite, nous nous assîmes sur le banc que j’avais précédemment occupé et
Shana essuya ses larmes d’un revers de main.
« Qu’est-ce que tu deviens ? me demanda-t-elle d’un ton qui trahissait toute l’émotion qui la traversait encore.
- Un adolescent en pleine crise, répondis-je en esquissant un sourire amusé, et toi ? Qu’est-ce qui t’arrives depuis tout ce temps ? Pourquoi tu n’as pas cherché à reprendre contact avec moi
après ton renvoi ? Tu es restée dans le coin ?
- Oui, j’habite encore la même ville mais un peu plus loin de chez toi, proche de ton collège. Je travaille en tant que serveuse dans un café du coin … Tes parents ne t’ont jamais parlé des
raisons de mon renvoi ?
- Pas directement … mais je l’ai su. Ça n’a aucune importance pour moi de toute façon, ils m’ont envoyé dans un camp de réorientation sexuelle pour la même raison.
- Oh, s’exclama-t-elle tandis que ses yeux s’écarquillaient sous la surprise qu’une telle nouvelle provoquait, je suis désolée … Ça a changé quelque chose ?
- Par rapport au fait que je sois gay ? Non … pas du tout.
- Sois fier de ce que tu es, me dit-elle en affichant un sourire tendre, on est des battants dans ce monde. De toute façon, tu ne dois pas avoir tant de mal à te faire accepter, n’est-ce pas
?
- Par ma famille, je ne l’ai jamais vraiment été. Mais à l’école, tout le monde est au courant depuis longtemps et ça ne m’a jamais vraiment posé de problèmes jusque là.
- Un petit ami ?
- Non et toi ? Célibataire ou en couple ?
- Laissée tomber comme un déchet il y a quelques mois.
- Je suis désolé … Ça doit être dur.
- Non, dit-elle en secouant la tête, je n’ai pas de mal à faire face à une peine d’amour et je m’en suis remise rapidement. Il y a d’autres poissons dans l’océan après tout.
- Content que tu l’aies pris aussi bien, lui dis-je en esquissant un sourire, quelqu’un d’autre en vue ?
- Je me laisse du temps, répondit-elle, la vie de célibataire mérite aussi d’être vécue à fond. »
J’hochais la tête sans pour autant être complètement en accord avec ses dires. Je n’avais pas l’impression que le fait d’être célibataire pouvait être vécu à fond à la même manière qu’on donnait
tout de soi-même, toute sa passion et son cœur lorsqu’on était avec quelqu’un. Je n’avais connu de bonheur plus puissant que celui éprouvé aux côtés de Devon. Je concluais donc que mon bonheur
n’était pas indépendant de l’amour.
« Et de ton côté, quelqu’un en vue ?
- … Oui et non, c’est compliqué.
- Raconte-moi ! s’exclama-t-elle. J’ai l’impression d’avoir perdu tellement de temps par rapport à toi, je veux savoir tout ce qui s’est passé depuis mon départ. »
J’avais envie d’étaler mes problèmes pour leur donner un sens de toute façon, pour les analyser avec plus de lucidité. Je confiais donc sans retenue à Shana ce qu’avait été ma désastreuse vie
amoureuse et sociale depuis son départ, décrivant avec nostalgie mon histoire avec Devon, mon séjour au camp, mes histoires de cœur qui avaient lamentablement échoué par la suite jusqu’à mon
aventure d’un soir avec Edward Malik. Le tout sans omettre les détails que l’on évitait en général avec les adultes par peur de les choquer. Mais je savais Shana plus ouverte d’esprit que la
plupart des gens et bien qu’elle sembla parfois mal à l’aise à certains points de mon histoire, je crois que ce fut plutôt le fait de réaliser que j’avais beaucoup évolué par rapport à l’image du
préadolescent qu’elle possédait encore de moi. Elle me prêta l’oreille attentive qu’elle m’avait prêtée tout au long de mon enfance et attendit la fin de mon récit pour me faire part de ses
précieux conseils.
« Tu n’as pas revu Devon depuis toutes ces années ? me demanda-t-elle
- Pas une seule fois, pas même en photo. On s’écrit des fois, c’est tout.
- Tu sais, on n’oublie jamais vraiment son premier amour …
- Je sais, on me le dit souvent.
- Néanmoins, ce n’est pas une raison suffisante pour ne pas aller de l’avant. Tu aimes le Devon que tu as connu quelques années auparavant mais les gens changent et dis-toi qu’il ne s’agit plus
de la même personne et qu’il a évolué depuis tout ce temps. Ne t’empêche pas de tomber amoureux à nouveau.
- Ce n’est pas volontaire, Shana. Je ne m’en empêche pas …
- Évidemment, tu n’en as pas l’impression pourtant tout ne tient qu’à toi. Tu devrais accepter de voir Edward
après-demain.
- Je ne suis pas prêt à ça.
- Pas prêt ? Ça fait trois ans que ça dure, Mathéo … De toute façon, ça ne t’engage à rien. Mais si Edward te plaît, pourquoi te priver de sa présence ?
- Physiquement, il me plaît. Autrement, je ne le connais pas du tout.
- Raison de plus pour le revoir.
- Je n’en ai simplement pas envie, Shana … Je ne suis pas prêt à ça.
- Tu as besoin de reprendre ta vie amoureuse en main, Mathéo. Tu ne peux pas continuer ainsi toute ta vie. »
C’était comme si une partie de moi savait qu’elle avait raison et qu’une autre partie de moi se refusait à lui accorder la raison. Cette seconde partie de moi qui s’évertuais aussi à ne pas
prolonger mes relations au-delà du niveau charnel. En songeant plus longuement à cette histoire d’un soir avec Eddie, je me rendais compte que je m’étais comporté comme le salaud que je n’avais
jamais voulu être. Il n’avait pas été le premier coup d’un soir, ça non … mais il avait été le premier dont j’avais perçu la déception, le premier que j’avais vu désemparé à cause de ma conduite
déplorable. C’est ce qui faisait que je me sentais si sale, si lâche à ce moment même.
« Shana … et si je n’étais pas capable de reprendre ma vie amoureuse en main ? Je ne sais pas comment m’y prendre, je ne sais plus comment agir. J’ai simplement peur de la personne que je
deviens.
- Je peux être franche, Mathéo ? Même si ça peut être blessant ?
- Vas-y, au point où j’en suis …
-
Tu as été blessé par un garçon et tu n’as pas eu la force de t’en relever. Tu as fini par te forger une armure des vices qu’on prête habituellement aux hommes. Te donner dans le sexe, dans les
coups d’un soir, dans le rôle du bourreau des cœurs … ce n’est qu’une manière de t’emparer du contrôle que tu n’as jamais eu sur ta propre vie. Sauf que ce soir-là, avec Eddie, tu ne t’es pas enfui
comme tu l’avais fait auparavant, tu n’as pas cherché à partir avant qu’il ne se réveille. Parce qu’une partie de toi voulait rester à ses côtés. Tu as peur d’être vulnérable, tu as peur qu’on
perce ta carapace. Mais dans l’absolu, une relation amoureuse, c’est mettre son âme à nu devant son partenaire. Alors oui, peut-être que tu portes encore la blessure de ton ancienne relation avec
Devon … mais j’ai l’impression que ce n’est qu’une excuse que tu te donnes à toi-même pour ne pas aller de l’avant et risquer de souffrir. Eddie te plaît, c’est un fait. Tu n’en es pas amoureux,
certes, mais il te plaît. Alors cesse de te montrer faible, ça ne te va pas du tout. Essaye, même si l’envie n’y est pas, même si tu as peur, essaye de le revoir, essaye de l’aimer. »
Je restais immobile, figé par son discours un peu décousu qui m’avait néanmoins percé à jour avec une facilité déconcertante. Je me reconnaissais dans ses dires même s’il ne plaisait à mon orgueil
de l’avouer. Elle avait raison … et qu’elle m’expose mes faiblesses aussi fermement m’avait fait du bien.
« Merci. » murmurais-je.
Elle m’adressa un sourire franc puis me serra tout contre elle à nouveau. Le sujet de notre conversation s’était modifié rapidement par la suite et nous échangeâmes quelques banalités dans le but
d’alléger le poids de notre dialogue précédent. Shana dut partir ensuite, elle était déjà largement en retard à son boulot. Elle me laissa ses coordonnées en me rappelant maintes fois que je
pouvais la contacter à tout moment si j’en éprouvais le besoin.
Je me sentais beaucoup mieux que dans la matinée, comme si le fait que Shana m’expose clairement le problème de mon existence m’incitait à effectuer les démarches nécessaires pour en trouver la
solution. Revoir Edward … Étrangement, cette perspective m’était beaucoup moins désagréable à présent. Le revoir signifiait me jeter dans le vide, dans l’inconnu, entreprendre d’une manière
différente un chemin que j’avais tenté avec Devon quelques années auparavant. La peur était toujours présente mais quelque part en moi, il y avait aussi une part d’excitation …
Je repris le chemin de mon domicile, les idées beaucoup plus optimistes et le cœur plus léger. J’allais me racheter auprès d’Eddie, lui prouver que ma confusion n’avait été que passagère et me
défaire peu à peu de ses craintes qui obscurcissaient mon jugement. Et pourquoi ne pas revenir sur mes pas ? L’attente était trop longue, mon excitation face à ce que j’allais entreprendre était
trop grande. J’allais prendre une douche, me changer, appeler Tiffany pour la rassurer puis je retournerai au quartier, plus précisément à l’endroit où j’avais rencontré Edward. Peut-être l’y
trouverais-je. En cas contraire, j’allais attendre … ou alors, j’allais me renseigner auprès du personnel du club pour savoir où le trouver.
Le temps de mon retour à la maison me parut bien court tant il fut meublé de mes pensées et résolutions. Je me dirigeais vers l’entrée du sous-sol lorsque j’aperçus un vieil ami, assis en tailleur
au bord du trottoir. J’aurais dû me douter dès ce moment que quelque chose clochait. Éric Dryden n’était pas matinal et sa nature paresseuse faisait en sorte qu’il ne s’était déplacé que de rares
fois jusqu’à mon domicile, pour des raisons d’ordre scolaire. Mais ma surprise l’emporta sur les doutes que j’aurais du avoir. Je l’accueillis avec enthousiasme.
« Éric ! Bah ça alors, t’aurais dû me dire que tu passais, je serai arrivé plus tôt ! Tu m’attends depuis longtemps ?
- Non, non … À peine dix minutes.
- Tant mieux ! »
Je rentrais chez moi, Éric à ma suite. Nous nous installâmes dans le salon après avoir pris deux sodas dans le frigo. La journée était particulièrement chaude aujourd’hui, je ne tardais donc pas à
mettre en marche le ventilateur. Éric n’avait pas dit un mot depuis que nous étions entrés et je mettais naïvement ce comportement sur le compte de la fatigue.
« Rayen te passe le bonjour, finit-il par dire après un interminable silence, il voulait passer te voir mais … il est toujours à Cuba.
- Bah ça va, je le reverrais à l’école.
- Je suis pas habile avec ces choses-là, Math …
- De quoi tu parles ?
- D’habitude, c’est Rayen qui aborde les sujets délicats … Pas moi. Et là, je dois te dire quelque chose … et c’est pas facile.
- Il s’est passé quelque chose de grave ?
- … Oui et non.
- Vas droit au but, Éric. »
Il prit une grande inspiration tandis que je me préparais intérieurement à entendre le pire :
« ... Devon a eu un accident de voiture récemment. »
Mon souffle se coupa, mon corps se figea, ma gorge se noua. Devon … un accident … un accident. J’assimilais la nouvelle avec difficulté tandis que je voyais Éric déglutir puis chercher ses
mots.
« Il va bien, je te rassure ! s’exclama-t-il aussitôt en apercevant ma mine déconfite. Mais … il a demandé à te voir. »
Mon esprit était partagé entre le soulagement au sujet de son état de santé et le choc qui l’avait frappé à l’entente des derniers mots d’Éric. Je restais immobile et aucune expression ne tenta de
passer sur mon visage. Étrangement, cette nouvelle fut plus difficile à assimiler que la précédente … Après toutes ses années, Devon voulait me voir. Devon voulait me voir …
En tout cas, c'est vraiment agréable de revoir Mathéo. On retrouve bien son caractère timide, peu sûr de lui, mais en même temps, on ressent qu'il a mûri. Son histoire avec Devon ne l'a pas laissé indemne, comme il le dit lui-même.
Pour Edward, j'ai pas trop d'opinion pour l'instant. Même si au matin, il m'a vraiment fait pitié face à l'attitude froide et renfermée de Mathéo. Mais je crois qu'il saura s'en remettre pour ré-attaquer. ^^
Et la chute du chapitre, elle est juste waow!! *o* Nous laisser entendre, comme ça, l'air de rien, qu'on va revoir Devon, certainement très bientôt, c'est nous mettre au supplice!! Surtout que la suite arrivera dans plusieurs semaines je suppose. *serre les dents pour ne pas pleurer*
Bon, c'est pas grave, j'attendrai!Mais je le veux quand même, la suite! =D
Bisous
Skorpan
Alors qu'il s'était décidé à tourner la page Devon et aller de l'avant ! Alors, Eddie ou Devon ? Moi, je suis contente de retrouver Devon, peut-être qu'ils vont pouvoir vraiment profiter l'un de l'autre, même si c'est rarement aussi simple dans nos esprits tordus d'auteurs.
Au fait, je t'ai mise dans mes liens, dis-moi si tu veux que je te retire !
Bisous.
J'ai adoré la premiere histoire, et je pense que je vais en faire tout autant avec la seconde. Je suis impatiente de lire le chapitre 3, pour voir si il va aller voir Devon ou Eddie. Et surtout ce qu'il va se passer par rapport à Dévon. En tout cas je suis contente qu'il soit toujours aussi ami avec Eric, je l'aimais bien. Et Tiffany je ne l'avais pas reconnue sur le coup.
Donc vivement la suite.
Bisous
Enais