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Bienvenue


Bienvenue dans mon p'tit univers,

Je n'ai pas la prétention de dire que mes écrits sont réalistes, j'écris pour faire rêver et pour sortir de mon quotidien. Mon seul but est d'amener le lecteur faire un p'tit tout dans mon imaginaire très très gay.. 


Mes histoires :

 

May Angels Lead You In : 13 ans, une relation ambiguë avec le fils de l'employée de maison, une homosexualité refoulée, une famille chiante et une sensibilité de fille ... Mais que dire ? Ma vie n'est
pas conventionnelle et ne le sera probablement jamais, autant me faire à l'idée [Terminé]

Dark Waltz : 16 ans, une famille fantôme, un ex petit ami qui ne s'est pas résolu à sortir de mon coeur, une meilleure amie lesbienne et une relation d'amour/haine avec un danseur à la sensualité débordante . Aux dernières nouvelles, ma vie n'est toujours pas conventionnelle. [Prologue en cours d'écriture] [Suite de May Angels Lead You In]

Cap ou pas cap ? : Guillaume est un chirurgien réputé dont personne ne connait les faiblesses. Marié depuis longtemps avec Amandine, il ne peut la quitter maintenant qu'elle se déplace en fauteuil roulant. Mais quand Djamel vient briser sa carapace, tout change ... [2ième chapitre en ligne]

Tentation : Naoaki Torres, métis dans une société complètement nippone et issu d'une famille d'obsédés sexuels, s'amourache de Haru Sekisawa, père célibataire de dix-huit ans; arrogant et taciturne. Comme s'il n'était pas déjà assez en marge de la société ... [1er chapitre en ligne]


Projets / En cours d'écriture :


Légende Urbaine  : Lui ? Le Roméo de ces dames, le tombeur (malgré lui) par excellence. Un simple pari avec des amis chamboule son quotidien. Il doit faire craquer Isaiah, le grand taciturne que les rumeurs disent homosexuel. Mais Roméo se prend les pieds dans son propre piège et la situation tourne d’une drôle de manière … [1er chapitre écrit]


Au-delà Des Montagnes : Le village de Kahan recueille un jeune garçon dont on confie l’éducation à Yohan, combattant prometteur de sa génération. Le plus jeune s’amourache de son aîné pour qui il voue une admiration sans bornes mais bientôt, l’élève dépasse le maître et la séparation est imminente … [2ième chapitre en cours d'écriture]


Fics en arrêt :

Forbidden Love : Le plan d’un élève, Faye Lind, qui tente d’avoir des relations sexuelles avec son professeur de français, Derek Eyston, afin de pouvoir l’accuser de viol et de détournement de mineur pour toucher l’argent du procès. [1er chapitre disponible]

Atteindre une étoile : Alexis est susceptible, colérique et taciturne. Benjamin est enjoué, souriant et créatif. Malgré leurs différences, ils forment un couple depuis plus de deux ans. Lorsque le talent d’acteur de Benjamin est repéré et qu’il est admis dans une école de théâtre à l’autre bout du pays, Alexis comprend qu’il sera dur de garder son petit ami... [1er chapitre disponible

 

 

Les mises à jour seront faites ... au gré de mes humeurs XD
Plus sérieusement, je vais essayer de pas accumuler les retards quand même mais il y a toujours une fic sur laquelle je travaille plus que sur les autres.

 

Bises à tous et bonne lecture.

 

Miyuki Lee

 

Atteindre une étoile

Samedi 22 septembre 2007

 

C’était le spectacle de Noël.

 

 

La vieille estrade de l’école ne tenait qu’à quelques planche de bois clouées, un amas de babioles qu’on avait rassemblé pour les spectacles de Noël et pour donner l’occasion au directeur de passer des messages de manière plus officielle. Le gymnase avait été décoré de banderoles colorées et les élèves avaient pu quitter leurs uniformes scolaires pour gagner leurs tenues normales.

 

Pour l’instant, le silence était entre quelques murmures et rires étouffés mais tout était rattrapé par de fréquents ‘’Chut’’ de la part des enseignants et de certains élèves qui avait à cœur le bon fonctionnement du spectacle. La scène délabrée aurait du être invisible quand le jeu des acteurs emportait la foule malheureusement, le décor semblait d’autant plus médiocre quand même les jeunes artistes présentaient des spectacles d’une piètre qualité. La troupe de théâtre répétait quelques scènes connues pour le moment. Cyrano en avait fait somnoler plus d’un. Quant à Hamlet, il avait été acclamé de ronflements. Pourtant lorsqu’un petit brun aux yeux plus bleu que le ciel lui-même, apparut sur la scène, le silence emporta l’assemblée au grand complet. On le connaissait de réputation à travers le bahut, les spectateurs n’attendaient que sa prestation, pour combler leur curiosité sur son talent si vanté par tous. Il était debout devant le décor d’un balcon, accoutré de manière ridicule. Lorsque ses premières répliques furent prononcées, ce fut pour estomaquer les spectateurs, les convaincre que Roméo était bel et bien en train de déclarer sa flamme à Juliette sous son balcon. Il n’y avait plus rien lorsque le brun parlait. Les décors malgré leur manque de réalisme, prenaient vie au son de sa voix.

 

« … Mais doucement ! Quelle lumière jaillit par cette fenêtre ? Voilà l’Orient et Juliette est le soleil ! Lève-toi belle aurore, et tue la lune jalouse … »

 

Juliette était apparue, vêtue d’une longue robe verte. Il s’agissait de Camille Miller, en quatrième année de secondaire. Les mots sortaient de sa gorge de manière claire mais son jeu paraissait faux, laissait encore apercevoir la jeune fille au lieu de laisser place au personnage qu’elle aurait du être. Les discours de la jeune fille devenaient lassants car chacun attendait ceux de Roméo.

 

La voix du jeune homme était portée clairement au loin et elle ne paraissait pas fausse. Son jeu donnait des frissons par son réalisme alors que celui de Camille était plutôt ordinaire et paraissait fade à côté du talent du jeune homme. La scène touchait à sa fin et les spectateurs semblaient émus.

 

« Ô céleste, céleste nuit ! J’ai peur, comme il fait nuit, que tout ceci ne soit qu’un rêve, trop délicieusement flatteur pour être réel. »

 

Lorsque les lumières s’éteignirent sur la scène, ce fût un torrent d’applaudissements qui déboussola le silence. Puis lorsque les lumières s’étaient rallumées, les artistes avaient fait une simple révérence et la différence avait été flagrante. L’âme de Roméo n’était plus du corps du brun, elle s’était dissipée lorsque les lumières s’étaient éteintes.

 

Il n’y avait plus aucun doute, Benjamin Baker avait un talent énorme …

 

*

 

À la sortie du gymnase, Benjamin était félicité. Il avait à la fois livré une performance remarquable et sortit une salle complète de la somnolence qu’apportaient les autres prestations. Le brun croulait sous les acclamations avec un rictus de fierté. Il paradait un peu à vrai dire, faisait le tour de ses fans avec un sourire triomphant.  Il adorait que son talent soit reconnu, que les gens le remarque. Même ceux qui ne lui avaient jamais adressé la parole depuis le début de l’année, venaient lui parler aussi aisément que de vieux compères le feraient. C’est en arrivant près des casiers que la timide Himeline Parker était venu lui parler.

 

Il la voyait souvent rougir de sa seule présence, montrer quelques signes de nervosité à son égard mais il ne comprenait pas encore pourquoi, il devait bien être le seul d’ailleurs. Il était étonné qu’elle ose enfin lui parler. La jeune fille tortillait une mèche de ses cheveux roux entre ses doigts et ses rougissements s’amplifiaient à mesure que Benjamin avançait. Sa gorge sèche libéra enfin quelques mots :

 

 « Bon … bonjour Benjamin …

 

- Salut Himeline. »

 

Elle racla sa gorge quelques secondes et prit une grande inspiration pour reprendre le fil de la conversation fragile qu’elle entretenait en ce moment avec Benjamin.

 

« Félicitation … pour … pour … ta … ta performance, balbutia t’elle en souriant timidement, tu … tu … as beaucoup … de talent.

 

- Merci, Himeline. C’est gentil, répondit-il avec un grand sourire.

 

- Ou … oui, dit-elle en lui rendant son sourire avec timidité, en fait Benjamin … je … j’avais … quelque … chose à te … de … dire …

 

- Je t’écoute. »

 

La jeune fille ferma les yeux et serra les poings pour se donner du courage. Elle avait attendu une durée interminable jusqu’à ce moment et elle avait enfin saisi l’occasion de placer les mots qui la rongeaient de l’intérieur depuis quelques années déjà. Benjamin la regardait sans s’impatienter, curieux de savoir ce que lui dirait la jeune fille. Malgré tous les signes plus qu’évidents, il ne devinait pas.

 

« Benjamin, je … »

 

Il inclina la tête, lui adressa un simple son d’interrogation pour l’encourager à continuer. La jeune fille laissait ses yeux clos et serraient les poings à en faire blanchir ses phalanges.

 

« Je … je … je … je t’aime ! Explosa t’elle. »

 

Benjamin resta estomaqué à sa déclaration plutôt soudaine. La jeune fille avait ouvert les yeux à moitié, craignant la réaction du brun face à son témoignage d’amour un peu surprenant. Elle l’avait dit au moins et si elle oubliait le stress de la réponse, elle était débarrassée d’un poids.

 

En fait, si Benjamin ne s'était jamais douté de l'amour d'Himeline à son égard, c'est qu'il pensait qu'elle était au courant de son orientation sexuelle. Il avait été persuadé qu'Himeline était gênée avec lui car son homosexualité la perturbait. Il n'avait jamais pensé que la jeune fille s'était éprise de lui.

 

« Euh … Himeline … enfin … bah … tu sais, je peux pas vraiment … te dire que c’est réciproque mais n’y voit rien de personnel, hein ! Je suis gay … »

 

La jeune fille était au courant. D’ailleurs, qui ne l’était pas ? Qui dans ce bahut n’avait jamais vu Benjamin serrer la main d’Alexis Edwards dans la sienne ? Qui ne l’avait pas entendu crier haut et fort que les homophobes pouvaient aller se faire foutre ? Elle avait eu ce besoin, cette nécessité de dire à ce garçon qu’elle l’aimait depuis si longtemps. Même si elle n’avait aucune chance avec lui, elle avait espéré, elle s’était fait quelques films dans sa tête, des fantasmes toujours trop beaux pour être réels mais qu’on croit avec la force du désespoir. Himeline sentait son menton trembler, ses larmes se recueillir au coin de ses yeux. Elle s’efforça de sourire avec le talent de comédienne qu’elle ne possédait pas.

 

« Je … euh … suis … dé … désolée … Benjamin … de t’a … avoir … e … embêté. »

 

Elle se tourna et partit à la course alors que ses espoirs partaient en lambeaux. Le brun tenta de la retenir en prononçant son prénom mais elle ne revint pas vers lui. Il s’en voulait de lui causer du chagrin. Elle était gentille Himeline mais il ne pouvait pas vraiment éprouver des sentiments à son égard même en essayant de toutes ses forces. De toute façon, il s’était déjà amouraché du plus beau garçon du bahut et que ce soit réciproque ne lui donnait pas envie d’essayer de s’éprendre d’une fille. Il était heureux et s’assumait tel qu’il était.

 

En sortant du gymnase, il n’avait pensé qu’à retrouver son petit ami, à lui demander comment il l’avait trouvé. Il était encore plus réjouissant de recevoir les compliments de son complice. Tout un brouillon d’émotions se créait au fond de son ventre. Une envie énorme de recevoir des compliments de la part de l’être aimé. Il se mit à tourner un peu autour du lycée, des couloirs du premier étage. Il trouva finalement son petit ami, en train de placer et replacer quelques manuels et cahiers dans son casier. Il n’avait pas entendu Benjamin et fouillait inlassablement dans son casier. Le brun le surprit de la plus bruyante des manières.

 

«ALEX !! »

 

 Alexis sursauta brusquement à l’entente de son surnom, il camoufla rapidement un objet quelconque au fond de son casier et le ferma promptement d’un claquement métallique. Il fut vite rejoint par Benjamin, par la chaleur de son étreinte qu’il pouvait parfois qualifier d’étouffement. Le blond sentit quelques baisers furtifs contre sa mâchoire et ses joues. Puis deux perles plus bleues que le ciel croisèrent son regard. Un regard tendre et un sourire rayonnant, une expression comme il les aimait tant. Il eut un faible sourire à l’égard de la boule de chaleur qui s’était enchaîné à lui en une fraction de seconde.

 

Alexis Edwards était le genre de garçon qui faisait tourner les têtes de son simple passage. Il avait les cheveux aussi blonds que le blé doré par le soleil et la peau bien pâle. Ses yeux étaient teintés d’un joli vert émeraude. Il était grand, mince et élancé. Son visage abordait souvent un air sérieux et se traits étaient plutôt durs. Il avait une voix âpre et pourtant assez claire qui lui donnait un talent de chant peu banal. 

 

« Dis, j’étais comment, Alex ? J’étais bien ? Tu m’as trouvé comment ? Mon jeu était bon ? Je n’ai pas fait de fautes quand j’ai parlé ? J’avais l’air amoureux de Camille ? Dis, j’étais vraiment bien ? »

 

Alexis eut un sourire espiègle à l’égard du brun qui sautait nerveusement sur un pied puis sur l’autre en attente d’une réponse.

 

« Je veux même pas imaginer quel genre de scène tu vas me faire après notre première fois …

 

- Quelle première fois ? »

 

Pour toute réponse, Alexis adressa une expression lourde de sous-entendus à son petit brun qui comprit tardivement l’allusion. Benjamin adressa un rictus faussement outré à son copain. Le blond ne put que sourire davantage devant l’expression de son brun. Alexis déposa ses lèvres contre celles de Benjamin pour avaler la forme étrange qu’elles avaient imité. Les lèvres du brun étaient douces et chaudes, elles n’avaient plus aucun secret pour Alexis qui en connaissait la forme par cœur depuis quelques années déjà. Pourtant, chaque baiser attisait sont lot de battements de cœur, son lot de vertiges. Les plus jeunes trouvaient encore lieu de grincer des dents en voyant deux garçons s’embrasser, les autres s’y étaient habitués. Benjamin et Alexis se connaissaient depuis une éternité. Ils avaient grandi dans des maisons côté à côté, dans un petit village au temps frisquet. Ils avaient entretenu une grande amitié durant leur préadolescence puis étaient passés à une attirance réciproque deux années auparavant. Alexis relâcha les lèvres de Benjamin puis laissa sa main caresser furtivement sa joue.

 

« Tu dors chez moi ce soir ? » demanda le brun avec un grand sourire.

 

Alexis répondit d’un hochement de tête sans couper le contact visuel avec son vis-à-vis. Il le regardait, l’enveloppait d’une certaine tendresse. En se perdant dans son regard, Benjamin ne pouvait s’empêcher d’avoir une pensée pour les propos rapportés par son paternel, la veille. Il s’était réveillé vers le milieu de la nuit et avait entendu une conversation entre ses parents, d’abord des sujets superficiels, sans relief puis il avait entendu son prénom suivi de celui de Benjamin et le fil de la conversation avait attiré son attention. Son père avait ri un moment avant de dire d’un ton qui avait retrouvé son impassibilité : ‘’Un simple idylle, ce n’est pas sérieux’’. Benjamin avait été blessé de ses dires sans exactement savoir pourquoi, peut-être simplement parce qu’il ne comprenait pas encore le sens du mot ‘’idylle’’, qu’il imaginait comme un mythe et non comme un fait possible. Il aimait à en être aveuglé, avait l’impression que son amour pour son Alexis était éternel. Quand on aime, on aime pour toujours, pensait l’adolescent rêveur. Il n’y a pas de fin à la passion, songeait-il. Il avait beau entendre dire que la passion était souvent éphémère, il ne pouvait pas le croire, peut-être par faute de ne pas avoir assez de vécu.

 

« Alors … on y va ?» demanda Alexis

Benjamin hocha vivement la tête puis prit la main de son petit ami dans la sienne avant de l’entraîner vers la sortie du collège …

Par Miyuki Lee
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